Le Dr Ally Soodin, expert en forensic qui travaille en Angleterre depuis plusieurs années, évoque « l’incompétence totale de la police, qui a été incapable de mettre la main sur le ou les meurtriers de la touriste irlandaise Michaela Harte ; Maurice est devenue le laughing stock dans le monde alors que nous avons la compétence nécessaire qui aurait pu aider à trouver ces gens », a-t-il déclaré au Mauricien.
« Ce cas de meurtre est très clinique. Il a été commis dans une chambre très propre et fermée. Il était très facile d’y trouver les traces d’ADN des meurtriers. S’il était commis dans la nature, il y aurait eu contamination par le vent, la poussière, l’eau, etc. Il s’agit d’une clear-cut case », lance l’expert en forensic. Et d’ajouter : « Surtout qu’il n’y a pas eu beaucoup de gens qui ont été en contact avec la victime. This is very disturbing. »
Le Dr Ally Soodin explique que dès la récupération des échantillons d’ADN, les experts s’efforcent d’abord d’identifier s’ils appartiennent à un homme ou à une femme, cela en vue d’éliminer l’un des deux sexes. « Si c’est un homme, on ne cherche pas une femme et vice-versa. Puis, on planche sur la race de la personne. Si c’est un Asiatique, on n’arrête pas un Africain. Si c’est un Européen, on n’arrête pas un Chinois etc… », affirme notre interlocuteur. Réagissant à la démarche de la police de profile tous les employés de l’hôtel Legends où a été commis ce meurtre, il avance que « c’est de la bouffonnerie ». Le Dr Soodin estime également qu’il est trop tard maintenant pour retrouver le ou les meurtriers de Michaela Harte. « La chambre a été lavée, il n’y a plus de traces. »
Poursuivant ses explications, l’expert en forensic souligne qu’une personne laisse toujours des traces de son passage dans un lieu, « non seulement des morceaux de cheveux mais aussi de la salive, de l’urine…, permettant de l’identifier. Mais, ce n’est pas suffisant pour la condamner. Il faut lui demander des explications quant à la présence de son ADN sur les lieux », fait-il ressortir.
Médecin de formation, Ally Soodin a quitté la recherche génétique médicale en 1994 pour se consacrer à la forensic research. Il dit avoir contribué à la mise en place du système d’expertise médico-légale basé sur l’ADN en Grande-Bretagne. « Toute l’Europe et beaucoup d’autres pays utilisent le système britannique. J’ai toujours voulu l’introduire à Maurice mais il semblerait que la police ne soit pas intéressée à la recherche scientifique dans le combat contre le crime », soutient notre interlocuteur. « Elle a sa propre manière de procéder. »