Des débats ont eu lieu hier sur la motion présentée en Cour criminelle intermédiaire sur la motion de Showkutally Soodhun contestant l’admissibilité des photos qu’ont remises à la police deux photographes travaillant pour le compte du groupe de presse La Sentinelle Ltd. Il s’agit d’une des pièces contenue dans le dossier à charge dans le procès initié par le ministère public contre M. Soodhun et deux autre membres du MSM pour manifestation illégale.
Le député du MSM Showkutally Soodhun, l’ancien maire de Quatre-Bornes Maheswarsing Khemloliva (plus connu comme Shyam) et Beejaye Soomye sont poursuivis pour « taking part in a gathering without notice to the Commissioner of Police » en violation des dispositions de la Public Gathering Act. Le délit présumé remonte au 2 mai 2009. Le procès est entendu par les magistrates Niroshini Ramsoondur et Wendy Rangan.
Lors de l’audience d’hier, deux photographes de presse ont été appelés à la barre des témoins afin qu’ils situent le contexte dans lequel ils ont remis aux enquêteurs de la police des images filmées et un album de photos sur la manifestation qui s’était tenue devant les bureaux de La Sentinelle, à la rue Brown-Séquard, Port-Louis, où se trouvent, au rez-de-chaussée, les studios de Radio One.
Les deux témoins ont été interrogés par Me Jean-Michel Teng Ted Foo Ah Sen, avocat, assisté de Me Medaven Armoogum, de la poursuite, et contre-interrogés par Me Gavin Glover, avocat de M. Soodhun. L’inspecteur Nutcheram du Central CID a également déposé.
Pour Me Glover, ces images, telles qu’elles ont été remises à la police, ne peuvent être retenues comme pièces pouvant établir la culpabilité des accusés. Résumant ce qu’ont déclaré les deux employés de La Sentinelle, il rappelle qu’ils ont transféré les images reçues sur pellicule sur le disque dur de leur ordinateur. Puis, ils ont gravé des CD avant, tout au moins en ce qu’il s’agit des photos, d’imprimer celles-ci pour finalement remettre à la police un CD contenant un film et un album de photos. Il s’agit pour lui d’une version de troisième génération.
Me Glover trouve que les enquêteurs auraient dû en premier lieu saisir les appareils et les équipements informatiques de la compagnie. « Did they don’t know what the Supreme Court said in the Bacha’s case ? » se demande-t-il, quand il a évoqué la nécessité de détenir des pièces originales.
Les magistrates ont annoncé leur ruling pour le 8 août prochain.
Soulignons que les accusés ont plaidé non coupable à l’accusation. Le président du MSM a retenu les services de Me Gavin Glover (SC), alors que Beejaye Soomye et Maheswarsing Khemloliva sont défendus par Mes Ravi Yerrigadoo, Manoj Seeburn et Roubina Jaddoo.
Rappelons qu’environ 150 personnes avaient manifesté le 2 mai 2009 contre un article paru dans le journal l’express. Elles reprochaient au quotidien du matin d’avoir sous-évalué la foule que le MSM avait réuni lors du meeting du 1er-Mai à Saint-Pierre. Des vitres avaient volé en éclat et la police avait été mandée sur les lieux pour calmer les manifestants. Des copies du quotidien avaient été brûlées devant Radio One et les anciens locaux de la rédaction de l’express.