La banque AfrAsia a vu ses profits nets, en tant que groupe, être propulsés à Rs 124,4 millions pour l’exercice financier se terminant au 30 juin 2011 par rapport à Rs 38,5 millions en 2009/10. Interrogé ce matin, James Benoît, Chief Executive du groupe bancaire, a attribué cette performance à une multitude de facteurs et a indiqué qu’environ 50 % du business proviennent désormais de l’international notamment sur l’axe Inde-Afrique du Sud. La direction d’AfrAsia pense qu’il y a encore d’innombrables opportunités à exploiter sur le réseau Asie-Afrique, d’où la décision de s’attaquer vigoureusement aux marchés du COMESA et de la SADC.
Comptant aujourd’hui près de quatre années d’existence – la banque a commencé ses opérations en octobre 2007 – le groupe AfrAsia a enregistré en 2010/11 une performance jugée très satisfaisante par ses dirigeants, franchissant aisément la barre des Rs 100 millions pour atteindre Rs 124,4 millions, soit une croissance de 223 % par rapport à l’exercice précédant. L’activité bancaire exclusivement a permis de dégager des profits nets de Rs 116,1 millions contre Rs 37,3 millions en 2009/10, soit une progression de 211 %. Pour James Benoît, différents facteurs sont à la base de la performance du groupe l’année dernière. Il y a d’abord une meilleure visibilité de l’image du groupe ainsi que des services améliorés pour la clientèle, ce qui a permis à l’institution financière de faire davantage de progrès au niveau de la fidélisation de la clientèle, surtout ceux des marchés ciblés comme l’Inde et l’Afrique du Sud.
Puis, il y a eu une augmentation substantielle du capital de la banque, celui-ci passant de Rs 654 millions à Rs 922 millions ; et l’entrée de l’agence française PROPARCO comme actionnaire. AfrAsia a aussi procédé à l’émission d’obligations spéciales (Tier-2 Subordinated Bond) pour un montant de Rs 422 millions. Ces deux opérations ont permis à la banque de disposer de plus de ressources pour prêter à ses clients, le portefeuille des crédits augmentant de 76 %, soit de Rs 4,9 milliards à Rs 8,5 milliards. Les crédits sous les opérations dites de Segment A, soit celles orientées vers le marché domestique, ont crû de Rs 2,5 milliards à Rs 4,6 milliards. « Nous avons été actifs au niveau des prêts à des entreprises, qu’elles soient des PME ou de grosses boîtes », a souligné James Benoît.
S’agissant des dépôts, la hausse a été conséquente : de Rs 7,9 milliards à Rs 15 milliards. Sous le Segment A, ils sont passés de Rs 5,1 milliards à Rs 8,3 milliards alors que sous le Segment B (international), le taux de progression a été plus élevé : de Rs 2,9 milliards à Rs 6,7 milliards. James Benoît observe que l’activité à l’international a réellement pris de l’ampleur au cours de l’exercice financier écoulé. « Notre message à l’effet qu’AfrAsia est l’intermédiaire privilégié sur l’axe Asie-Afrique commence à être bien compris par les hommes d’affaires. Les marchés indien et sud-africain représentent, à eux seuls, environ 42 % de notre portefeuille de crédits », a-t-il indiqué.
Hub financier régional
Le Chief Executive d’AfrAsia a annoncé que le groupe bancaire continuera d’apporter tout son soutien pour que Maurice réalise son ambition de devenir le véritable hub financier de la région, la passerelle incontournable entre l’Asie et l’Afrique. « Il y a beaucoup d’opportunités encore inexploitées. L’Afrique est un gros marché. L’Inde voire l’Asie offrent d’innombrables opportunités. Il nous faut au plan local travailler davantage. Nous avons besoin d’une marque en tant que hub financier régional. Il ne faut pas qu’on soit perçu comme une plate-forme offrant seulement des services “low end”. Il faut penser à apporter plus de valeur ajoutée à ce que nous proposons et qu’on soit perçu comme de véritables experts de la finance pour l’Afrique », a fait ressortir James Benoît.
À une question portant sur la conjoncture économique internationale, James Benoît a indiqué qu’elle est très difficile et qu’il y a des craintes d’un ralentissement de la croissance au plan national. Mais, s’est-t-il empressé de souligner, il faut pouvoir dégager des politiques pouvant aider le pays à s’y adapter. « Je ne pense pas que l’inflation soit un gros problème pour le pays. L’important c’est de trouver les politiques justes qui incitent les gens à continuer d’investir, à protéger voire créer des emplois. Je réalise que les turbulences sur les marchés étrangers peuvent affecter nos exportations de biens et services. D’où la nécessité au plan local de proposer un régime fiscal et des règlements souples qui encouragent les gens à investir. Ce que les investisseurs recherchent à pareils moments c’est la stabilité, une certaine prévisibilité au niveau des politiques ».
Le groupe bancaire, a-t-il ajouté, poursuit ses efforts d’expansion et d’exploitation de nouvelles opportunités d’affaires. La direction est sur le point de donner son aval à une nouvelle augmentation de capital qui lui donnera la possibilité de développer son réseau en Asie et en Afrique du Sud et de cibler les marchés du COMESA et de la SADC. Le groupe envisage d’augmenter de 20 % son personnel (une centaine de professionnels actuellement) dans le courant de la présente année financière pour pouvoir mieux répondre aux besoins de sa clientèle. De nouveaux espaces administratifs seront acquis. La direction de la banque compte aussi approfondir ses contacts à l’étranger à travers des road-shows à Singapour, en Afrique du Sud et à Shanghai.