Elles étaient parmi les dernières à ne pas voir leur population diminuer. Mais les abeilles sud-africaines se retrouvent désormais logées à la même enseigne que leurs soeurs d’Europe ou des États-Unis. En cause : une épidémie de loque, laquelle pourrait bien signer leur disparition…
Après l’Europe et les États-Unis, l’Afrique du Sud est à son tour touchée par la disparition des abeilles, indispensables pollinisatrices d’un grand nombre d’espèces végétales nécessaires à l’alimentation humaine. Une épidémie de loque américaine, une maladie mortelle pour les ruches causée par un germe, est en train de faire des ravages, pour la première fois dans l’histoire récente du pays, explique Mike Allsopp, agronome spécialiste des abeilles à Stellenbosch, dans l’arrière-pays du Cap.
“C’est exactement la même chose qui se passe partout dans le monde”, dit-il. Les abeilles attrapent des maladies parce qu’elles sont “stressées par les méthodes d’apiculture intensive, les pesticides et la pollution”, alors qu’autrefois, “elles étaient moins vulnérables”, dit-il. Elles souffrent “de l’homme, des pressions et du stress que les humains leur imposent”.
Les experts redoutent que la maladie ne se propage vers le nord, pour s’étendre au reste du continent africain, où l’apiculture artisanale fait vivre des centaines de milliers de personnes. “C’est une bombe à retardement. Toutes les ruches que j’ai examinées avec un cas de loque américaine sont mortes”, indique M. Allsopp.