Le ministre des Affaires étrangères, Arvin Boolell, qui préside actuellement la conférence ministérielle sur l’intégration régionale en Afrique, a réclamé hier un engagement politique ferme des pays africains pour cette intégration. De son côté, Vijay Makhan, ancien secrétaire aux Affaires étrangères, a plaidé en faveur de la gouvernance comme un élément du processus d’intégration.
« Nous devons agir à l’unisson, négocier des accords commerciaux bilatéraux et prendre des engagements politiques fermes afin d’accélérer l’intégration régionale en Afrique. Il est essentiel que les pays africains adoptent une politique de convergence. Nous ne pouvons pas vivre dans le passé. Il nous faut tout faire pour faciliter la libre circulation du commerce », a déclaré Arvin Boolell, qui intervenait après Vijay Makhan, ancien secrétaire aux Affaires étrangères et ancien secrétaire adjoint de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) pour les questions économiques. Ce dernier, qui a participé à une table ronde sur l’« Impact of Globalisation on the Governance of Integration in Africa » avait insisté sur l’importance de la gouvernance comme un élément du processus d’intégration.
La journée d’hier a été marquée par une présentation de M. Jawaheer, un collégien qui avait joué le rôle de président de l’AU Mock Conference organisée par le ministère de l’Éducation dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de OUA/UA. Il a aussi été question de la présentation du statut de l’intégration régionale en Afrique par le représentant de la Commission de l’Union africaine.
Une dizaine de ministres africains venant des Seychelles, de la République démocratique de Sahraoui, du Bénin, de la Tanzanie, de l’Ouganda, du Zimbabwe, du Burkina Faso, du Mali, du Burundi et du Liberia participent à cette conférence. La Commission de l’Union Africaine est représentée par son président adjoint E. Mwencha.
Plus tôt, Arvin Boolell avait expliqué que cette conférence intervenait à un moment crucial. « We are here gathered today to discuss the governance of integration in our continent, Africa at the dawn of the date limit of the Millennium Development Goals, the stagnation of the Doha Round negotiations and the political turmoil and economic crises », a-t-il dit.
Le ministre des Affaires étrangères a estimé que la crise financière globale pourrait faire dérailler les perspectives économiques en Afrique et ses progrès en matière de croissance durable. Il a aussi déploré le niveau relativement bas du commerce intrarégional. « On average over the past decade, only about 10 to 13 percent of African trade is with African nations ; in comparison, 40 percent of North American trade is with other North American countries, and 63 percent of trade by countries in Western Europe is with other Western European nations », a-t-il dit.
Le moment est arrivé pour changer cet état de choses, a soutenu M. Boolell. « We should not once again allow ourselves to be drawn into a system where we produce and export raw materials and whereby value addition is done elsewhere and the finished products sold back to us. We can no longer depend on commodity trade which makes us vulnerable to the fluctuations of the prices on the international market. Today, our focus should be on value-addition to our raw materials so that we move higher up in the value-chain », a insisté le ministre des Affaires étrangères.
M. Mwencha a par ailleurs annoncé l’organisation en 2014 d’une assemblée générale de l’Union africaine consacrée à l’intégration. Il a salué le progrès effectué par la SADC, le COMESA et l’EAC en vue de la création d’une zone de libre-échange. Il a exhorté les trois organisations économiques régionales de l’Afrique de l’Ouest à faire la même chose et a indiqué qu’une rencontre préliminaire dans ce sens a été organisée à Maurice.
La conférence se poursuit aujourd’hui et les ministres devront adopter des résolutions qui feront avancer le concept d’intégration régionale et continentale.