Le Premier ministre, Pravind Jugnauth, qui est intervenu hier soir pour la première fois à la tribune des Nations Unies, a adressé ses plus vifs remerciements aux États membres pour leur soutien aux efforts de Maurice en vue de compléter le processus de décolonisation du pays en exerçant son droit de souveraineté sur les Chagos. Il faisait état de l’adoption en juin dernier de la résolution concernant le recours à la Cour internationale de justice pour obtenir un avis consultatif sur l’excision des Chagos du territoire mauricien par la Grande-Bretagne avant son accession à l’indépendance. Pravind Jugnauth a également rassuré les États-Unis, affirmant que Maurice « n’a pas l’intention de perturber » les dispositifs de sécurité mis en place à Diego Garcia et qu’elle « est prête à conclure un bail renouvelable à long terme avec les États-Unis concernant Diego Garcia ».
Abordant le chapitre des Chagos, Pravind Jugnauth a souligné que l’adhésion aux droits internationaux, à la protection des droits humains fondamentaux et au respect de l’intégrité territoriale est à la base des relations entre les pays. Or, a-t-il souligné, en ce qui concerne Maurice, « tous ces principes ont été violés » lorsqu’une partie intégrante de son territoire, à savoir l’archipel des Chagos, a été excisée avant notre indépendance en violation du droit international et que, de plus, tous les habitants de l’archipel des Chagos ont été expulsés de force. « Notre décolonisation reste à être complétée cinq décennies après l’adoption de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux », a-t-il dit.
Le Premier ministre a rappelé que les États membres du groupe des États africains ont déposé en juin dernier une résolution, demandant un avis consultatif de la Cour internationale de justice sur les conséquences juridiques d’excision de l’archipel des Chagos. « Nous sommes très heureux que la résolution ait été adoptée par une majorité retentissante. Ce vote a démontré la grande importance que les États membres du monde entier – pas seulement l’Afrique, mais aussi l’Europe, l’Asie et l’Amérique – souhaitent compléter le processus de décolonisation, ainsi que la préoccupation qu’ils ont pour les injustices causées aux habitants évacués de l’archipel de Chagos », a souligné Pravind Jugnauth, avant d’affirmer espérer que l’avis consultatif de la cour guidera non seulement le travail important de l’Assemblée générale, mais permettra également à Maurice de progresser et qu’un programme approprié  soit préparé pour le retour des Chagossiens après avoir été forcés de quitter l’île dans des conditions inhumaines.
« Nous remercions les États membres pour leur soutien et nous attendons leur soutien continu dans l’achèvement de notre décolonisation. En ce sens, nous espérons que le plus de membres possible contribueront aux procédures auxquelles la cour les a invités à participer », a dit Pravind Jugnauth. Il a de même tenu à rassurer les États-Unis, réaffirmant que Maurice « n’a pas l’intention de perturber » les dispositifs de sécurité actuellement en place à Diego Garcia, la plus grande île de l’archipel des Chagos. « Permettez-moi de réitérer ce que les gouvernements mauriciens successifs ont clairement déclaré : Maurice est disposée à conclure un bail renouvelable à long terme avec les États-Unis pour permettre que ces dispositifs de sécurité restent en place. Par conséquent, l’achèvement du processus de décolonisation renforcera la sécurité en prévoyant la légalité et la certitude », a-t-il ajouté.
Concernant les grandes questions internationales, Pravind Jugnauth a déploré que les petits États insulaires vulnérables à revenus moyens, comme Maurice, « soient victimes de leurs propres succès de leur promotion du statut des pays les moins avancés à celui de pays à revenus moyens ». Il dit aussi regretter que les pays insulaires ne soient plus qualifiés pour bénéficier des financements concessionnels d’organisations comme l’ODA. « With the help of the United Nations Development System and other partners as well as the provision of tailor made programmes, these countries can contribute to the sharing of experience and knowledge with countries aspiring to graduate from the LDC status and consolidate our own economic development at the same time », a-t-il dit. Au niveau des risques de conflits armés, en particulier chez les pays détenant les armes nucléaires, Pravind Jugnauth a fait appel à la prudence avant de lancer un appel en faveur d’une « unrestricted provision of humaniarian assistance to all those affected » à l’égard de la Birmanie. Il s’est également prononcé pour une réforme des systèmes des Nations Unies et a estimé que l’Inde, le continent africain ainsi que les petits États insulaires « doivent avoir un siège permanent » au conseil de sécurité des Nations Unies.