Et c’est encore la toque jaune qui l’emporte ! Non, ce succès ne constitue pas une grosse surprise dans le sens où Vettel était le seul frontrunner de la course. Le grand public s’était déplacé à l’occasion et les fans de la casaque bleu électrique se montrèrent bruyants dès la première course. Kevin Ghunowa le pilota comme un métronome pour offrir à Ramapatee Gujadhur sa troisième classique de 2015 et sans nul doute un autre titre de champion car, même s’il reste plusieurs journées à courir, on ne voit pas Gilbert Rousset ou Patrick Merven le remonter.
Pour le commun des mortels, ce fut une belle course tactique et la victoire de Vettel relève plus de la bonne maîtrise de son jockey. Oui, Kevin Ghunowa monta une belle course. Mais pour nous turfistes avisés, et ce n’est certainement pas Ramapatee Gujadhur qui nous contredira, il y a un goût d’inachevé de par la tactique employée par certains ou par le manque d’initiative pour d’autres.
Kevin Ghunowa monta la course parfaite et il mérite toutes less félicitations. Il n’est pas facile de remporter une épreuve de bout en bout sur 2400m. On lui avait du reste accordé une chance du fait qu’il se retrouverait seul en tête. On lui avait toutefois préféré Bulsara, Diamond Light et Love Struck. La course de ce dernier dans le Turf Magazine Golden Trophy ne nous avait pas convaincus. En fait, ce fut la tactique employée par Rehaze Hoolash que nous avions questionnée, surtout dans le premier passage de la montée. Depuis, Love Struck s’était montré dans une forme améliorée et nous avait tâpé dans l’oeil. Bulsara montait en puissance à l’entraînement, tandis que Diamond Light affichait une forme améliorée.
Du côté de Vettel, sa course avec Jean-Roland Boutanive toujours dans le Golden Trophy tout aussi bien que les instructions du jour méritent qu’on s’y attarde. S’il est vrai qu’il avait raté sa mise en action, on peut se demander pourquoi la tactique suicidaire du jockey n’avait pas été interrogée tant par les Racing Stewards que par son entraîneur. Ce n’est que quelques jours avant le Maiden que l’entraîneur est venu de l’avant pour le faire, et ce, que devant un parterre d’invités privilégiés seulement. C’est facile après de venir dire qu’il ne faudrait pas écarter hâtivement Vettel alors que les ordres d’imposer un train soutenu avaient été formulés devant les RS.
On se disait néanmoins qu’on était parti pour un grand Maiden et les médias et le retour du sponsor Air Mauritius firent que la foule des grands jours était au rendez-vous. Cependant, on reste convaincu que ce Maiden 2015 n’a pas été à la hauteur des espérances, tout comme l’édition 2014.
Ce qui suscite des interrogations en premier est la tactique de Swapneel Rama sur Skippyjon Jones. Certains avancent qu’il n’a pas voulu commettre la même bétise que lors de la dernière sortie de son cheval en suivant de trop près. Certes, mais pour un jockey possédant une certaine expérience, il aurait sans nul doute pu se rendre compte que le rythme imposé était nettement différent cette fois. On lui reproche d’avoir trop repris son cheval. De par son geste, le reste du peloton s’est retrouvé plus en retrait. On ne dira pas que Love Struck s’est permis «le luxe d’esquisser un sourire».
Le manque d’initiative d’Everest, de Diamond Light aussi bien que de Bulsara méritent d’être souligné. Pourquoi n’ont-ils pas tenté quelque chose dans le parcours. On espère être plus éclairés par les Racing Stewards car une enquête s’impose.