En marge de l’évolution de l’enquête du Central CID, axée principalement sur ledélit accablant politiquement de blanchiment de fonds – pour un montant d’aumoins Rs 225 millions – contre l’ancien Premier ministre Navin Ramgoolam, ledossier sur les contrats d’Airway Coffee de Nandanee Soornack dans l’enceinte duSir Seewoosagur Ramgoolam International Airport est sur le point d’être bouclé.Ainsi, l’option finale pour se débarrasser des liens de Nandanee Soornack avec leréseau de boutiques hors taxes et de restaurants à l’aérogare concerne une éventuellemise en liquidation de ces sociétés à l’initiative d’Airports of Mauritius Ltd (AML)et d’Airport Terminals Operations Ltd (ATOL). C’est ce qui ressort des discussionsengagées par la direction de ces deux compagnies d’Etat avec le State Law Office.Au QG du Central CID, le dossier de Nandanee Soornack est présenté comme une“Live Issue”, différentes formules étant à l’étude pour la placer sous contrôle judiciaireà Maurice vu son rôle présumé dans le transfert de fonds à l’étranger avec ses36 déplacements outre-mer effectués entre le 21 septembre 2008 et le 26 novembre2014, sans oublier le dernier départ en catastrophe pour l’Italie via Dubaï le 11 décembrede l’année dernière.
Dans les semaines àvenir, l’enseigne d’AirwayCoffee au Sir SeewoosagurRamgoolam InternationalAirport Terminalpourrait donc fairepartie des vestigesdu précédent gouvernementdirigépar NavinRamgoolam. Desdirectives ontété émises formellementàla directiongénéraled’AMLe td’ATOL en vue de servirdes injonctions à “Madameou kone ki mwa” pour recouvrerles réclamations,qui se chiffrent à Rs 41millions.
Selon les renseignements glanés desources autorisées,lesconseils légauxde cesdeux sociétésd’Etat, engagéesdans lagestion de l’infrastructureaéroportuaire,devront doncservir, et cedès la semaineprochaine, dupapier timbré àNandanee Soornacket à sesreprésentantsà Mauricepour le paiementdeces Rs 41millions, enexcluant lemontant dû àAirway Coffee.Un délai légal seraimposé pour le remboursement.Au cascontraire, les autoritésdécideront de la marche àsuivre.
Des recoupements d’informationseffectués dans lesmilieux autorisés indiquentque, dans la conjoncture, NandaneeSoornack, sur qui pèseune “arrest on departure”, nedevrait pas être en mesured’honorer ces engagementsfinanciers ou encore effectuerun éventuel déplacement àMaurice pour se battre surle plan légal et préserver sesbiens à l’aéroport. Avec le nonrespectdes conditions pour leremboursement de ces Rs 41millions, AML et ATOL n’aurontd’autre choix que d’engagerdes procédures de liquidation,avec la nominationd’un administrateur judiciairepour assurer le suivi les opérationset sauver des emplois auSir Seewoosagur RamgoolamInternational Airport Terminal.
Cette option a pour avantageque les autorités pourrontéviter la voie de la résiliationdes contrats en bétonsignés entre Airway Coffee etAML/ATOL, tout en les exposantà des risques éventuelsde demande de compensationde la part de Nandanee Soornack.Les principales attributionsde l’administrateurjudiciaire seront d’assurer latransition tour en lançant desappels d’offres pour trouverdes repreneurs de ces opérations. La consigne du ministèredes Communications extérieuresest que « les contratsde services à l’aéroport devrontêtre attribués à différentsopérateurs, débouchant surune saine concurrence au lieud’un monopole, comme c’estle cas avec Nandanee Soornack». Du côté des Casernescentrales, la femme d’affairesrouge, ayant fait une ascension fulgurante sous Navin Ramgoolam – et par qui sontvenus les malheurs de l’ancienPremier ministre, figure en bonne position sur le radarscreen du Central CID. Avec lafin du décompte des coupuresbancaires dans les coffres deNavin Ramgoolam, tous les déplacements de NandaneeSoornack, notamment à Singapour et en Europe, au coursde ces six dernières années – soit la période où elle a côtoyé de manière assidue le pouvoirpolitique au plus haut niveau–, sont actuellement passés aucrible pour établir un patternsusceptible d’ajouter à l’intérêtde l’enquête sur le transfertde fonds à l’étranger.
Le Central CID tenteactuellement de réunir lespremiers indices au sujet detransferts de devises pourun montant de l’ordre de Rs800 millions, soit presquequatre fois le montant saisien la résidence de NavinRamgoolam à River-Walkvendredi dernier, effectuésvers la fin de l’année dernière.Des soupçons pèsentsur deux filières bancairesavec la complicité de quatrefacilitateurs de haut niveaudans le circuit financier.
Des spécialistes avancentque les preuves nécessairesne pourront être disponiblesque dans le sillaged’un Forensic Audit sur labase de documents bancairesrécupérés suite à desJudge’s Orders. Cet aspectde l’enquête devrait releverde la responsabilité de l’AssetsRecovery Unit de l’Officeof the Director of PublicProsecutions, sous la responsabilitéde Me RashidAhmine.Des consultations de hautniveau ont par ailleurs été engagéesen vue de procéder àl’arrestation et au rapatriementde Nandanee Soornack pour lesbesoins de l’enquête en cours.L’option de la Legal MutualAssistance devra être exploitéeà fond maintenant que lesinformations sont confirméesqu’elle aurait cherché refuge enItalie. Néanmoins, l’opérationne s’annoncera nullement facilepour la partie mauricienne carl’entourage de Nandanee Soornackmaintient qu’elle se battrajusqu’au bout en ayant recoursà des services d’hommes de loides plus expérimentés en Europe.“Madame ou kone ki mwa”pourrait même aller jusqu’àjouer la carte de l’exil politiquepour repousser son retour aupays en plaidant sa proximitéavec l’ancien Premier ministre,actuellement inculpé provisoirementde “money laundering”et d’une série d’autres délits, etprouver le fait qu’elle fait l’objetde « persécution politique ».