Une curieuse pétition sera remise en début de semaine au ministre des Administrations régionales par des habitants d’Albion. Il s’agit d’une pétition demandant au Conseil de district de Rivière-Noire d’accorder un permis de construction allant à l’encontre d’une condition dans leur contrat de vente.
Cette pétition, qui aurait recueilli plus de 60 signatures concerne une dizaine d’acquéreurs du morcellement Raffray qui longe la route côtière à Albion. Créé en 1980, ce morcellement comprenait 260 lots et une condition pour la construction. Pour ne pas gêner la vue des voisins ayant acheté des lots ne donnant pas sur la mer, les constructions à étage étaient interdites. Or, pendant plus de trente ans le Conseil de district de Rivière-Noire a accordé environ 250 permis pour des maisons avec étages dans tout le morcellement. Ce n’est que depuis quelques mois que le Conseil s’est rendu compte de son « erreur » et a décidé d’appliquer la condition figurant dans les actes de vente du morcellement. C’est ainsi que les dix derniers acheteurs des lots du morcellement ont été informés qu’ils ne pouvaient pas construire de maison a étages sur leur terrain. Cette interdiction crée la situation absurde suivante : les dix derniers acheteurs du morcellement sont obligés de respecter la clause, alors que leurs 250 voisins l’on violé avec le consentement, ou la complicité, du Conseil de district. C’est pour demander qu’ils soient autorisés à violer — eux aussi — la clause que les derniers acheteurs du morcellement font circuler la pétition qu’ils comptent remettre à Hervé Aimé, ministre des Administrations régionales. Est-ce que le ministre va demander au Conseil de district d’autoriser les pétitionnaires à violer la clause du morcellement comme l’ont déjà fait 250 habitants d’Albion ? S’il ne le fait pas, les 250 habitants d’Albion qui n’ont pas respectés la clause seront-ils poursuivis ?
Affaire à suivre.