La présidente de la République, Ameenah Gurib-Fakim, a dans son message annuel insisté sur le développement des ressources humaines à Maurice. Elle considère que la matière grise est la matière première par excellence des Mauriciens et que les conditions du développement passent par l’excellence, la méritocratie, la transparence, la bonne gouvernance et le respect des institutions.

La présidente devait dès le début de son intervention féliciter le nouvel élu à l’élection partielle dans la circonscription N° 18, Arvin Boolell. Cette élection a, selon elle, permis de souligner encore une fois la force de la tradition démocratique et des institutions dans le pays. « Je félicite la commission électorale, la police pour l’organisation et les électeurs qui se sont rendus aux urnes dans la discipline », dit-elle.

Ameenah Gurib-Fakim a également rappelé que l’année 2017 a été marquée par l’arrivée à la tête du gouvernement d’un nouveau Premier ministre, qui poursuit les réformes annoncées par le gouvernement afin de réussir la transition économique du pays et lui permettre d’atteindre les objectifs de la vision 2030, à savoir faire entrer Maurice dans la catégorie des pays à revenu élevé. « Je suis convaincu que nous avons la capacité et les ressources nécessaires pour relever le défi », dit-elle.

À ce propos, la présidente a souligné la nécessité de continuer à consolider l’économie traditionnelle et d’accélérer la diversification économique dans des nouveaux secteurs identifiés par le gouvernement dont l’économie de la connaissance, les services, les énergies vertes, l’économie océanique, entre autres.

Pour cela, le gouvernement mise sur les ressources humaines. « Nous savons tous que plusieurs pays considérés comme des géants économiques ont faits des investissements massifs dans le capital humain à travers les outils technologiques et scientifiques, l’innovation et une éducation de qualité. Or à Maurice c’est la matière grise qui est notre principale matière première. Promouvoir la compétence, une culture de mérite basée sur transparence et la bonne gouvernance, le respect des institutions constituent les seuls moyens pour retenir les talents mauriciens et attirer des talents de l’étranger », affirme la présidente.

« C’est seulement dans ces conditions que nous continuerons notre développement économique et assurerons un avenir pour tous nos enfants ».
Toutefois, si l’économie reste la clé du développement du pays, les valeurs comme la discipline, la valeur du travail et du partage doivent également être pris en considération.
Ameenah Gurib-Fakim a dit sa fierté d’avoir réussi à porter haut le drapeau national et l’image du pays sur la scène internationale. C’est ainsi qu’elle a eu l’occasion de coprésider, avec le Premier ministre suédois, un panel de l’Organisation internationale du Travail sur les changements qui bouleversent actuellement de manière sans précédent l’histoire de l’humanité. Plusieurs facteurs peuvent contribuer à cela, dont l’augmentation de la population mondiale, la migration, le changement climatique, l’arrivée de la technologie et la globalisation. À cela s’ajoute le fait que la création d’emplois ne se fait pas aussi rapidement que l’on aurait souhaité.

Par ailleurs, plusieurs experts attirent l’attention sur le risque qu’il y ait moins d’investissements dans le secteur productif. Des rapports démontrent que la richesse dans le monde reste concentrée entre les mains d’un petit groupe de personnes. Le modèle de développement actuel risque d’apporter plus d’inégalités entre les régions et les pays.
La présidente de la République a également attiré l’attention sur l’importance que prennent de plus en plus les nouvelles technologies comme la robotique, l’intelligence artificielle. Plusieurs métiers vont disparaître et seront remplacés par la technologie. Au moins deux tiers des emplois dans les pays en développement pourraient être remplacés par la robotique. Jamais la technologie n’aura eu autant d’impact et à une telle vitesse dans notre vie et sur l’organisation du travail et les rapports sociaux.

La présidente a, par ailleurs, estimé que les activités économiques ne doivent pas dégrader notre environnement.

Elle s’est réjouie de l’introduction d’un salaire minimum et a insisté sur l’importance de l’investissement dans la formation des jeunes et la nécessité de mobiliser nos ressources et talents.

Ameenah Gurib-Fakim considère que l’école doit apprendre à réfléchir. Une collaboration entre l’économie et le monde du travail doit être encouragée. Elle souligne également la nécessité pour les jeunes de développer un esprit entrepreneurial.