L’Airport Workers Union (AWU) a écrit hier au Premier ministre, Pravind Jugnauth, pour faire part de son désaccord sur le rapport salarial proposé par la CAPFOR, qui suggère une révision de 15 à 16% pour les cadres et 6,7% pour les grades manuels et les superviseurs. Le syndicat s’insurge contre la disparité entre ces deux groupes d’employés et dit son indignation que la révision salariale ait été confiée à une firme sud-africaine.
« Il est dommage qu’après avoir attendu quatre ans, les travailleurs d’AML se retrouvent avec un tel rapport marqué par la disparité entre le management et les grades inférieurs. » C’est ce qu’affirme Atma Shanto, négociateur de l’AWU, avant de dire avoir pris connaissance des recommandations du rapport CAPFOR, qui propose une augmentation de 15 à 16% pour le management et 6,7% pour les travailleurs manuels et les superviseurs.
De même, ces recommandations prévoient 15 nouveaux postes au niveau de la direction et le recrutement de 35 personnes dans différents postes. Ce qu’accueille favorablement le syndicat, qui demande toutefois que « tout se fasse dans la transparence » et selon le principe d’égalité des chances. « J’imagine qu’il y aura la queue devant l’hôtel du gouvernement pour ces nouveaux postes. Nous faisons un appel pour que cessent les ingérences politiques et les promotions ou recrutements taillés sur mesure. »
L’AWU déplore également le fait que ce nouveau rapport salarial ait été confié à une firme sud-africaine, alors qu’il y a « des personnes compétentes, avec de l’expérience, pour faire ce travail à Maurice ». Atma Shanto fustige ainsi l’ancien ministre du Tourisme, Xavier-Luc Duval, pour le « gaspillage des fonds publics ». Il rappelle également qu’avant la CAPFOR, le dernier rapport avait été rédigé par une autre compagnie sud-africaine, en l’occurrence le Hay Group.
Le négociateur syndical dénonce aussi le fait que pour cet exercice, « des managers ont déposé au nom des travailleurs, ce qui est n’est pas conforme aux procédures ». Le syndicat demande ainsi au Premier ministre d’instituer un comité présidé par un commissaire salarial pour revoir les anomalies du rapport CAPFOR. Faute de quoi, ajoute-t-il, le syndicat « prendra les actions qui s’imposent ».