Deux semaines après la présentation du budget 2014 à l’Assemblée nationale, la Mauritius Commercial Bank (MCB) réclame un véritable coup de fouet au Reform Agenda pour remettre l’économie sur les rails. La 56e édition de MCB Focus, sous la plume de Gilbert Gnany, Chief Strategy Officer et conseiller auprès du conseil d’administration, passant en revue les mesures et orientations budgétaires, prévoit que le taux de croissance en 2014 sera de 3,6 %, soit toujours sous la barre des 4 % pour la quatrième année consécutive, avec un taux de chômage de l’ordre de 8,5 % et un déficit de la balance commerciale de Rs 84,2 milliards.
À court terme, la problématique de la faible croissance économique et ses répercussions sur un plan général préoccupent davantage la MCB. Les prévisions de la croissance sont établies sur la base d’une légère reprise sur les principaux marchés d’exportation et un taux d’exécution amélioré des projets faisant partie du Public Sector, Investment Programme (PSIP). « After attaining an estimated 3.2 % in 2013, the country’s economic growth is forecast to remain in a challenging zone next year on account of a still soft global economic context and inherent domestic imbalances. These dynamics should, indeed, contribute to real GDP growth standing at a below par rate of 3.6 % in 2014 », note l’analyse de MCB Focus, rendue publique hier en fin de journée.
Tout en concédant que le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval a fait preuve de bonnes intentions en vue de relancer les investissements et la croissance, les résultats devront se faire encore attendre. « However, the budgetary measures are foreseen to have only a limited impact on growth in 2014, even if they could potentially yield positive socio-economic outcomes over the medium term on the condition that appropriate policy reinforcements are brought about », fait ressortir Gilbert Gnany, qui ajoute que dans le budget 2014, les acquisitions des Non-Financial Asserts sont en régression par rapport au PIB, soit 2,7 % en 2014 contre 3 % en 2013. De son côté, le PSIP demeure encore caractérisé par la platitude.
« The official investment prognosis does not augur well for the establishment of firm foundations to retrieve and entrench a high economic growth path over time. Such a picture largely corroborates our own apprehensions over the macroeconomic outlook of Mauritius », avance la MCB, qui fait un véritable plaidoyer en faveur d’un Revisiting du Reform Agenda, qualifié comme étant en standstill mode dans la conjoncture.
Dans cette perspective, la MCB met en garde contre le délai dans la mise à exécution des « key budgetary announcements especially on the infrastructure front ». Mais le pire reste les changements envisagés sur le plan fiscal, présentés comme étant en conflit avec les « core principles advocated on the global scale to unhold the efficiency of the tax system ».
La MCB note que « another concern is that some policy distortions and inconsistencies have been noted of late, thus representing a deviation from the underlying tenets of the economic model that has effectively contributed to the progress of Mauritius in recent years, especially the adoption of a low, simple, predictable and non-distortionary tax system ». Citant l’exemple de la France et de la Commission européenne, le Chief Strategy Officer de la plus importante banque commerciale du pays se prononce en faveur du maintien d’un « simple and non-distortionary tax system that has stood up as a key selling point of the Mauritian business destination ».
Dans cette revue de l’économie post-budgétaire, la MCB énumère les zones d’ombre, dont
la détérioration du taux de chômage atteignant 8,5 % en dépit d’un recrutement accéléré dans le secteur public et du Youth Unemployment Programme,
le faible taux des investissements au sein de l’économie avec le « private investment not likely to materialise in real terms next year »,
le faible taux d’épargne des ménages et la baisse de six points dans les Corporate Savings au cours de la période allant de 2007 à 2012
les « fiscal imbalances », dont le déficit budgétaire encore au-dessus de la barre des 3 %, avec des conséquences néfastes sur l’endettement public
et la détérioration de la balance commerciale à Rs 84,2 milliards, représentant 21 % du PIB.
La MCB préconise l’adoption de « clear and coherent policy interventions as well as the endorsement of far-reaching and bold initiatives » notamment dans la gestion stratégique, opérationnelle et organisationnelle des corps parapublics, l’amélioration de l’efficence et la productivité, un choix judicieux de projets d’infrastructure tout en contrôlant les Unwarranted Costs et Chronic Cost Overruns et la recherche de financement approprié pour l’exécution des projets avec un accent particulier sur le Foreign Direct Investment et les Public-Private Partnerships.
La MCB revient également à la charge avec la réforme de la pension car le pourcentage de la population âgée de 65 ans passera de 7,7 % en 2012 à 22,4 % en 2052. Toujours au chapitre du Reform Agenda, la MCB suggère que « interestingly, consideration could be given to the World Bank’s general framework for pension reform, which allocates due weight to economic rationality while recognising the importance of social preferences and country-specific conditions ».