Ils ont vécu en foyer d’accueil. À 18 ans, ils ont dû quitter les institutions où ils avaient grandi pour voler de leurs propres ailes. Orphelins ou enfants séparés de leurs familles, ils ont eu à apprendre à se débrouiller seuls pour donner une orientation à leur vie. Pour Manisha, Olivier, Jessen, Karine et Johnny, la découverte de l’autonomie n’a pas été de tout repos…
Un vent frais balaie les eaux bleues de La Preneuse. Olivier revient d’une partie de pêche qui l’aidera à arrondir ses fins de mois. Son fils de 2 ans et sa compagne patientent sur la plage tandis qu’il amarre sa pirogue. Ses yeux fixent l’horizon; le soleil va bientôt se coucher. Le métier qu’il exerce est peut-être éprouvant; la vie n’est pas toujours simple pour ce jeune homme qui ne peut compter que sur lui-même. Mais Olivier est heureux. “Dan mo maler, mo finn resi trouv mo boner”, dit-il. Il s’est construit un foyer avec sa compagne, rencontrée à l’Atelier du Savoir. Il a compris que c’est à lui de s’inventer un avenir. Lorsqu’il a eu 18 ans et qu’il a dû quitter le foyer où il avait grandi, cela n’a pas été simple. Comme tous les autres enfants se trouvant dans son cas, il a dû obéir aux règles.
Manisha, elle, s’est retrouvée sans repère et a eu du mal à se prendre en main. Ancienne pensionnaire de SOS Village, elle affirme qu’un jeune qui se retrouve “lâché à 18 ans” est perdu. “Personn pa gagn ou traka. Enn fwa ki ou enn adilt, zot pa get sipa ou tousel ou pa. Zot nepli get ou. Ena zis nou ek noumem. Tonbe leve pena swa.” À 25 ans aujourd’hui, Manisha est une mère célibataire qui se bat pour offrir un meilleur avenir à son fils. Sa plus grande crainte est de voir son enfant être placé dans un foyer. Elle a vécu cette situation : sa mère, alcoolique, ne pouvait pas prendre soin d’elle, de son frère et de sa soeur.