Un habitant de Rivière-des-Galets, région qui se trouve dans le sud du pays, a bénéficié d’un verdict d’acquittement après avoir passé trois années en détention préventive. Il était accusé de viol. Après donc une période d’internement de trois années, il a retrouvé la liberté mardi.
L’accusé, Jean Karl Eugénie, 44 ans, était défendu par Me Shameer Hussenbaccuss. Le jugement a été rendu par les magistrats Keysnatee Bissoonaauth et Raj Pentiah. L’accusatrice, elle, est une domestique. Elle a soutenu que le jour de la commission du délit, l’accusé l’aurait surprise dans un quartier où il faisait plutôt sombre de Rivière-des-Galets. Il l’aurait entraînée de force dans un champ de cannes où il aurait tenté de l’étrangler. Mais la femme s’est contredite à quelques reprises, ayant donné différentes versions des faits. Dans un premier temps, elle a dit qu’elle a identifié l’accusé en reconnaissant sa voix. Dans un deuxième temps, elle a soutenu que c’est grâce à la lumière du portable du présumé violeur, qui était allumé à ce moment précis, qu’elle a vu le visage de son agresseur. Or, ce détail n’est pas mentionné dans la déposition donnée par la femme aux enquêteurs de la police. Autre information qu’elle n’a pas fournie aux policiers : Jean Karl Eugénie l’aurait menacée d’une arme tranchante.
Pour les magistrats, il est difficile de réconcilier autant de versions. Il y a d’une part le fait qu’elle a avancé que l’accusé aurait tenté de l’agresser avec une arme tranchante pour ensuite venir soutenir qu’il s’agissait en fait d’un cutter. Elle a également laissé entendre dans une déposition que l’accusé l’a contraint à avoir des rapports, en précisant que cet incident a duré une dizaine de minutes. Or, en cour, elle a affirmé que cet épisode a duré 90 minutes.
Face à autant d’incohérences, les magistrats ont déclaré que la femme ne les a pas convaincus qu’elle est un témoin fiable.