Pâle public au Théâtre Serge Constantin pour applaudir Art Mengo, mercredi dernier. Une intimité s’est installée dans la salle. La tendresse des mots est au rendez-vous. Les absents sont passés à côté d’un moment de rare poésie.
Quand sonne l’heure de leur départ / Ou d’un sourire ou d’un regard / Elle a le corps ouvert aux rives des adultères / A la caresse amère des amours passagères / Moi je l’ai tant aimée / Tant aimée, tant aimée / Que mon corps est pétri / Des parfums de sa vie. Comment rester insensible à ces paroles ? Nous ne pouvions ne pas citer les mots d’Art Mengo, auteur de talent dont les écrits sont chantés par beaucoup de chanteurs et surtout beaucoup de chanteuses : Jane Birkin, Juliette Gréco, Clarika, Ute Lemper, Maurane, Liane Foly, Enzo Enzo… D’où Voix de femmes.
Le concert joué dans une salle presque vide, le mercredi 25 mai, a contribué à une intimité certaine. Une proximité avec la scène, au coeur des paroles oubliées dont le souvenir est rappelé au fil des chansons. Ce moment de poésie est rendu précieux par le petit nombre venu goûter le sel des mots d’Art Mengo et la voix de Julie Oz. Un duo accompagné simplement d’un piano ou d’une guitare acoustique pour ne rien dénaturer d’une émotion qui se suffit à elle-même. Et sans suffisance aucune. Des plaisanteries sont lancées entre deux chansons.
La poésie des paroles. La voix androgyne d’Art Mengo est en soi un enchantement. Une magie désormais évanouie dans la pénombre d’une scène, celle du Théâtre Serge Constantin. Où la tendresse aura été portée avec sensibilité par la musique des mots. Pour parler d’amour ou de blessure insolite des (…) amours maudites (…) Pas de ces haines cachées aux lendemains des rêves / Sous les mots acérés comme des tranchants de glaive (…) Ne plus parler de nos hivers /?Serrer nos mains et puis se taire…