Le Fond monétaire international (FMI) prévoit un taux de croissance de 3,7 % pour l’économie mauricienne rejoignant ainsi les prévisions du Bureau central des statistiques et du ministre des Finances Xavier-Luc Duval. C’est ce qui ressort des conclusions de l’Article IV Consultation Mission 2013 qui ont été rendues publiques par le chef de la délégation du FMI Martin Petri en mission à Maurice durant la deuxième quinzaine de janvier. L’institution internationale considère par ailleurs que le taux d’épargne, qui est passé de 25 % à 15 % en quelques années, est trop bas et se reflète dans le « large external current account deficit ».
La délégation du FMI a séjourné à Maurice du 16 au 30 janvier pour des discussions avec les autorités dans le cadre de l’Article lV Consultation Mission. Elle a rencontré le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval, le gouverneur de la Banque de Maurice Manou Bheenick, d’autres officiels du gouvernement ainsi que des représentants de l’Assemblée nationale, du secteur privé et de la société civile.
Dans sa conclusion communiquée ce matin, le FMI explique que les politiques macroéconomiques prudentes menées par le gouvernement se sont traduites par un bon résultat non seulement sur le plan budgétaire aussi sur l’inflation. « Le défi en 2013 consistera à accélérer la croissance dans un environnement extérieur encore plus difficile et de jeter les bases pour la future croissance à travers un investissement public et privé croissant et des améliorations au niveau de la productivité. »
L’institution considère que la consolidation budgétaire à moyen terme devrait continuer afin de réduire les déséquilibres extérieures et les vulnérabilités économiques. Par conséquent, elle prévoit une croissance de 3,7 % alimentée par celle des secteurs de la pêche, des technologies de l’information et de la communication et et des services financiers. Elle s’attend que les investissements connaissent une hausse sous l’effet des projets d’investissement publics. Les investissements privés devraient rester bas, selon elle.
Poursuivant son analyse, le FMI estime que le taux d’inflation tourne actuellement autour des 4%. Toutefois, avance-t-il, l’« inflationary pressures could emerge in 2013 from wage pressures in private sector linked to the decision to increase public sector wages and from possible adjustments in some administered prices. The mission projects headline consumer price index inflation to accelarate to 5,7 % on average in 2013 and decline thereafter ».
Le FMI soutient que la politique monétaire est généralement appropriée. Les autorités devraient toutefois se tenir prêtes à serrer les conditions monétaires au cas où l’inflation s’accélère. Les développements dans le secteur de l’immobilier devraient, selon lui, être suivis attentivement en termes de croissance des prix des locations ainsi que de son impact sur le secteur bancaire qui, dans l’ensemble, reste robuste. Le système financier a aussi démontré sa résilience.
Le Budget 2013, observe le FMI, vise à soutenir la croissance et à assurer une gestion macroéconomique saine. Par rapport à 2012, le déficit budgétaire devrait augmenter modestement. « Given the need for dept reduction over the medium term, and the likely limited impact of a discretionary fiscal stimulus in a small open economy with a flexible exchange rate, staff would recommend a fully neutral fiscal stance in 2013, similar to the one achieved in 2012. »
Les plans des autorités pour la consolidation budgétaire à moyen terme sont les bienvenus pour réduire les déséquilibres externes et les vulnérabilités de la dette et reconstruire des policy buffers. La persistance du external current account deficit, selon le FMI, reflète le niveau bas de l’épargne qui accroît les vulnérabilités futures. Ce problème, explique l’institution, doit être abordé par le biais des politiques de promotion de l’épargne nationale et en encourageant la compétition « which require longer term adjustments to reduce fiscal deficits and to help build human capital and infrastructure ». Ces politiques devraient être initiées rapidement, surtout celles liées aux investissements et réformes des services publics et à la décongestion de la route.
« The Mauritian authorities are cognizant of these challenges and have continued their efforts to implement structural reforms to address key growth-impeding bottlenecks. In view of Mauritius well-established track record as an economic reformer with a dynamic private sector and robust institutions, these challenges appear manageable, but they require renewed effort », conclut le rapport.
Répondant aux questions de la presse, Martin Petri a déclaré que les estimations de taux de croissance tient en compte la situation interne et externe. Dans certains services publics, avance le chef de la délégation du FMI à Maurice, les tarifs sont trop bas. Concernant la roupie, il estime qu’une surévaluation de 7 % est dans les normes et ne pose aucun problème.
Martin Petri a aussi souligné que le taux de remplacement de 33 % est trop faible à Maurice par rapport à 60 % dans les pays développés. Selon lui, une réflexion devrait être initiée sur la nécessité d’introduire le means test concernant les allocations de pensions.