Au lendemain des funérailles émouvantes de Dinesh Domah, aussi connu sous le nom de Sandesh, 24 ans et victime de l’incendie au Shoprite de Trianon, le leader de l’opposition, Xavier-Luc Duval, a pris la décision de soumettre la vice-Première ministre Fazila Daureeawoo à un baptême du feu en tant que No 4 du Front Bench du gouvernement. Il était dès lors évident que la nouvelle ministre de tutelle des Government Fire and Rescue Services allait dépendre, dans une grande mesure, des officiers de son ministère, le temps qu’elle arrive à maîtriser tous les détails. De ce fait, à un certain moment, les échanges sur la Private Notice Question ont été erratiques, le temps que les éléments de réponse soient transmis à la vice-Première ministre. Ce qui ne l’a pas empêchée de rejeter la proposition du leader de l’opposition concernant l’éventuel recours à une contre-expertise étrangère pour un bilan post-mortem de l’incendie survenu au Shoprite de Trianon, et ce en vue d’éviter toute récidive.
« Are you saying that we don’t have the competent persons in Mauritius to do that job ? We have competent persons to do the job. I don’t agree with you », devait-elle répondre de manière catégorique à l’ultime interpellation supplémentaire de la PNQ en vue de dissiper les allégations au sujet des manquements notés au sujet de l’intervention des Mauritius Fire and Rescue Services dans le cadre du sinistre du 12 novembre dernier. Compte tenu des circonstances et de la nature de la PNQ, les échanges ont été empreints de sérénité, avec toutefois des coups de griffe de temps à autre.
La séance du jour a vu le retour de l’ancien No 4 du gouvernement, Showkutally Soodhun, en tant que backbencher, soit à côté du transfuge Zouberr Joomaye. Le Deputy Prime Minister Ivan Collendavelloo et le ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo étaient présents au sein de l’hémicycle, étant en effet de retour de mission officielle. L’ancien Private Parliamentary Secretary Kalyan Tarolah était également présent. De même, on aura aussi noté la présence des membres de la famille Domah pour la PNQ au sujet de l’incendie de Xavier-Luc Duval, et qui portait sur les mesures prises pour assurer la “Fire Safety” dans des immeubles du pays et sur ce qui aurait pu se passer au complexe abritant le Shoprite sinistré, Dinesh Domah étant victime des flammes dans l’entrepôt du supermarché.
Fazila Daureeawoo: Permettez-moi avant tout d’exprimer mes condoléances et profondes sympathies à la famille du défunt Dineshwar Domah. Je suis profondément attristée par la perte tragique de ce jeune homme lors de l’incendie qui a éclaté à Shoprite la semaine dernière. La nation dans son ensemble est attristée par ce triste incident. Chaque mort en est une de trop. Le samedi 18 novembre, j’ai effectué une visite des lieux où s’est déroulé le sinistre et j’ai eu l’occasion de rencontrer les parents du défunt. Quand j’étais encore au ministère de l’Égalité des Genres, du Bien-Être de l’Enfant et de la Famille, j’avais avisé un suivi psychologique à l’intention des parents et les proches. Dans le but d’assurer une bonne coordination entre les divers partenaires, un comité de crise présidé par moi-même était tenu samedi après-midi. La rencontre comprenait des officiers de mon ministère, celui de la santé, celui de la Sécurité sociale, du Développement durable et de l’Environnement, de la Police, du Mauritius Fire Rescue Services (MFRS), de la SMF, de la municipalité de Quatre-Bornes, du General Manager de Shoprite et les représentants de Trianon Shopping Park. La priorité des priorités était d’assurer la continuité au plan des secours. Le dimanche 19 novembre, la Police a confirmé que le corps retrouvé était celui de M. Domah. Le comité de crise s’est rencontré une nouvelle fois lundi matin pour une mise à jour de la situation. Maintenant, nous devons aussi considérer la réouverture du Trianon Shopping Park car des centaines d’emplois sont à risque. Toutefois, le complexe ne sera pas rouvert tant qu’on ne reçoit pas l’approbation des autorités concernées. Les divers ministères travaillent pour s’assurer que le Trianon Shopping Park soit rouvert en toute sécurité pour les employés et pour le public.
S’agissant des bâtiments et des mesures prises depuis le 11 juillet 2017, les bâtiments peuvent être catégorisés comme: high rise buildings, government-owned buildings, privately owned buildings occupied by government organisations. Suivant une étude par le MFRS, qui a démarré avant le 11 juillet 2017, il y a 342 high rise buildings avec plus de trois étages. Ces immeubles sont commerciaux, résidentiels et avec des mixed occupancies. Tous ces bâtiments ont été inspectés par le MFRS. Des 342, 139 ont reçu un Fire Certificate après le 11 juillet 2017. 243 immeubles ne respectaient pas les mesures de sécurité et par conséquent, les Fire Certificates n’ont pas encore été émis. Toutefois, le MFRS a initié des actions en vue de servir des Improvement Notices dans un premier temps.
Improvement ?Notices
1 229 immeubles sont occupés par des organisations gouvernementales dont 1 019 appartiennent à l’Etat. Avant le 11 juillet 2017, 60 immeubles appartenant à l’Etat avaient un Fire Certificate; 143 ne nécessitent pas un tel certificat car ils ne sont pas occupés par plus de 20 personnes et ils ont moins de 250M2. Ils ne tombent pas sous le MFRS Act de 2013. Ils ont reçu un Fire Clearance. Des 799 restants, 287 demandes ont été reçues pour un Fire Certificate. Des 287, 235 ont été inspectés et 17 immeubles additionnels ont reçu un Fire Certificate. Il y a 210 immeubles privés qui sont occupés par des organisations gouvernementales, dont 64 ont déjà un Fire Certificate alors que 52 n’ont pas besoin d’un tel certificat abritant moins de 20 personnes. Ils ont reçu un Fire Certificate Document. Des 210 immeubles, 94 n’ont pas reçu de Fire Certificate, et des Improvement Notices leur ont déjà été servis.
Concernant les immeubles commerciaux, en 2016, 546 ont reçu un Fire Certificate. À novembre 2017, 381 Fire Certificates ont été émis. Concernant les bâtiments NHDC, les bâtiments ne sont pas sujets à des inspections par le MRFS. Toutefois, une considération sera apportée pour que ces bâtiments aussi soient sujets à des inspections.
S’agissant de l’hôpital Victoria, une Fire door était bloquée selon ce qui a été rapporté et des actions ont été prises immédiatement. Quant au NPF Building, à Rose-Hill, il a reçu un Fire Certificate le 1er septembre dernier. Pour ce qui est du Jhugroo Building à Vacoas, une enforcement inspection effectuée le 10 novembre 2017 a révélé que le bâtiment se conformait aux normes requises. Le Fire Certificate émis le 10 mai 2010 est toujours valide.
S’agissant de la première partie de la question, le Budget alloué au MFRS par le Premier ministre et ministre des Finances en 2015-2016, 2016-2017 et 2017-2018 est en hausse car le gouvernement reconnaît le rôle important joué par le MFRS. Selon mes informations, au MFRS, il y a 32 véhicules pour combattre le feu dont 18 sont en opération dans toutes les stations et 14 sont en réparation. Il y a 52 Utility vehicles comprenant des appareils respiratoires et des fourgons de sauvetage dont 5 utility vehicles sont en réparation. Par ailleurs, il y a trois aerial ladders dont une est en opération.
Tous les pompiers ont reçu leurs équipements de protection dont des fire boots, tuniques et collants, casques, gants, lunettes de protection et pare-feu.
Vu que ces équipements sont dégradables, un exercice d’approvisionnement a démarré pour le renouvellement de ceux en mauvais état. Le MFRS procède aussi au recrutement de nouveaux soldats du feu qui rejoindront le service bientôt.
Une somme de Rs 200M a été allouée cette année financière sous la ligne de crédit indienne pour l’acquisition de 20 véhicules de sauvetage. Rs 30 M ont aussi été budgétées pour l’achat de deux pompes à eau.
Mon ministère a déjà envoyé des documents d’appels d’offres à la Exim Bank of India. La livraison des camions de pompier est attendue dans environ quinze mois alors que les pompes à eau le seront dans quelque six mois. Le MFRS recevra ce décembre une pompe à eau de grand volume.
S’agissant de l’entrepôt de Shoprite, avant l’éclatement du dernier incendie, l’espace était entièrement aux normes car il détenait un Fire Certificate dûment reconnu et émis le 19 octobre 2015. La dernière inspection remonte au 28 février 2017. Je rappelle qu’il y a actuellement trois enquêtes par la Police, le MFRS et la Occupational Safety and Health Division du ministère du Travail. Laissez-moi rassurer la Chambre que je considérerai toutes les mesures pour l’amélioration constante du MFRS.
Lors de la tranche des interpellations supplémentaires, Xavier-Luc Duval n’a pas manqué de souligner que « I  would like to comment our courageous firemen » avant de revenir sur l’importance du “Fire Code”, lequel est encore en discussions et qui demande à être adopté pour assurer une plus grande sécurité des Mauriciens travaillant, fréquentant ou occupant ces immeubles. Il a ainsi lancé un appel pour l’installation de “sprinklers” dans les immeubles. Il s’est également dit étonné que l’Emmanuel Building ne détient pas de Fire Certificat, citant aussi le cas de l’immeuble historique abritant l’Assemblée nationale où, a-t-il dit en substance, « hardly can we find any fire extinguisher ». Il n’a pas manqué de critiquer la lenteur avec laquelle les réparations aux camions et autres équipements de pompiers sont effectués.
Pour sa part, la vice-Première ministre Fazila Daureeawoo a réitéré que « our priority is the safety and the security of our people ». Elle a toutefois évité de commenter des détails concernant l’incendie de Shoprite, notamment « if there were padlocks at the emergency exits » ou autres lacunes attribuées aux Government Fire Rescue Services. Selon elle, trois enquêtes ont été initiées, en l’occurrence une première par la police, une autre par les services des sapeurs-pompiers et la dernière sous le contrôle de l’Occupational and Safety du ministère du Travail et des Relations industrielles.
« I don’t think it will be proper for me to comment on these issues. Des enquêtes sont en cours à différents niveaux. We don’t want this to happen again », a fait comprendre la vice-Première ministre et ministre des Administrations régionales.