Le volontariat est une seconde nature chez les Rawat à Camp-Yoloff, quartier à la sortie nord de Port-Louis. « Très jeunes, on nous a encouragés à la maison à nous occuper et à aider les plus petits et les plus démunis autour de nous », explique Mohammad Rawat, président de l’Association sociale de Camp-Yoloff. Depuis sept ans maintenant, c’est une de leurs traditions d’offrir une journée récréative aux jeunes sourds et malentendants.
Si l’Association sociale de Camp-Yoloff a été fondée en l’an 2000, Mohammad Rawat se souvient de s’être toujours intéressé au sort des jeunes de son endroit. À cette époque-là, il était le président du Centre communautaire de Camp-Yoloff.
« En 2000, à la suite de l’alternance de gouvernement, je n’étais plus le président du centre communautaire. C’était comme si l’on n’avait plus besoin de mes services. Toutefois, je n’ai pas pour autant délaissé les jeunes de l’endroit, en particulier les handicapés. C’est pour continuer le travail social qu’on faisait que certains camarades et moi avons créé l’association », explique Mohammad Rawat.
Aujourd’hui, l’Association sociale de Camp-Yoloff est une ruche vibrante d’activités. Pas plus tard que le samedi d’avant, ses animateurs ont convié au Domaine Les Pailles une centaine d’enfants sourds et malentendants, élèves de l’école des sourds de Beau-Bassin et de ses branches de Flacq et de Goodlands. Une journée récréative leur a été offerte ainsi qu’un déjeuner, grâce aux trois sponsors la British American Insurance (BAI), le Domaine-Les-Pailles et la municipalité de Port-Louis, selon Mohammad Rawat.
« C’est la septième année consécutive que nous offrons la chance de pouvoir offrir un peu de loisirs à ces enfants », se réjouit le président de l’Association sociale de Camp-Yoloff. « Chaque année nous saisissons cette occasion pour rendre hommage et remercier tous ces gens qui se dévouent corps et âme à nos enfants », ajoute-t-il. C’est ainsi, explique-t-il, que ce jour-là des cadeaux sont offerts aux enseignants et aux accompagnateurs.
L’action de l’Association sociale de Camp-Yoloff ne s’arrête cependant pas qu’aux seuls enfants. « Nous nous occupons de toutes les catégories de défavorisés, plus particulièrement les jeunes. Car nous savons que si nous ne faisons rien pour eux, ils tomberont facilement dans le piège des fléaux sociaux, comme l’alcoolisme, la drogue et ainsi de suite. Nous voulons leur épargner ces fléaux sociaux », élabore  Mohammad Rawat.
C’est ainsi que les membres du groupe de Mohammad Rawat accordent beaucoup d’importance à la pratique du sport. « Nous avons la chance d’avoir le terrain de foot Raman-Doonah et nous nous efforçons de ne pas le laisser inoccupé », ajoute le président. Ainsi des compétitions de foot, de volley, d’athlétisme se succèdent. « Grâce à nos sponsors, nous essayons de donner à chaque fois aux participants des équipements sportifs afin de les encourager à pratiquer un sport », affirme-t-il.
L’éclairage du stade de l’endroit, la construction d’un gymnase au Centre Osman Gundoo et une médiathèque au Centre Ghoorah Issac, non loin du BAT, sont aujourd’hui autant d’occasions que saisissent les membres de l’association pour encourager les jeunes à s’adonner à une activité sportive, ajoute Mohammad Rawat.
Outre les jeunes, ces volontaires aident les personnes âgées, dames et filles de l’endroit à avoir des loisirs sains. « Les dames participent activement à nos activités. » Des cours d’art ménager, de couture, de broderie sont souvent organisés à leur intention. « Nous avons le projet d’équiper de cuisine notre centre afin d’initier les jeunes filles de l’endroit à l’art culinaire », ajoute-t-il. Dans ce contexte, Mohammad Rawat rend un vibrant hommage à son épouse Nazline qui l’épaule dans son travail social. « San mo madam mo pa ti pou kapav fer tou sa travay-la », explique-t-il.
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Le premier théâtre du séga !
« Camp-Yoloff, localité faubourienne de Port-Louis non loin de Trou-Fanfaron, tire son nom du cantonnement en ce lieu des Yoloffs, Noirs de l’État, qui servaient aux travaux de corvée. Le Camp-Yoloff fut sans doute le premier théâtre du séga à Port-Louis.
Aujourd’hui, Camp-Yoloff bourdonne d’activités avec ses scieries, ses forges (Les Forges Tardieu) et son dépôt de marchandises. Une chapelle dédiée à Saint Antoine attire de nombreux dévôts qui viennent s’y recueillir et réclamer des faveurs. On note une grosse affluence les mardis et jeudis.
Camp-Yoloff apparaît sous le nom de « Camp de Yoloffs » sur les cartes de V. Deveaux (1948) et de J. Maisonneuve (1854) ».
(Sources : « Randonnées au coeur des localités mauriciennes », par Breejan Burrun et Bhurdwaz Mungur aux Éditions Le Printemps, 1993)