Thierie Ferdinand et Mary-Jane Vincent sont de retour depuis hier matin de leur première participation à la 14e édition des championnats du monde d’athlétisme en salle tenus du 9 au 14 mars au palais des sports Ataköye Arena, à Istanbul, en Turquie. Engagés au 60 m, les deux sprinters mauriciens ont pris la porte de sortie face aux stars mondiales. Mais ils sentent qu’ils ont quand même acquis quelque chose : l’espoir et le respect.
Engagé à la 7e série aux côtés d’un coureur aussi rapide que l’Américain Justin Gatlin, Thierie Ferdinand ne s’est laissé nullement impressionner. Au contraire, il a couru librement et sans complexe, nous déclare l’entraîneur mauricien Karl Paul, qui les accompagnait. « C’était remarquable et surprenant. Thierie les a tous battus au départ à tel point qu’on a pensé à un faux départ. Mais il était rééllement bien parti devant Gatlin et tous les autres pendant les premiers 20-25 m. Par la suite, ces derniers ont fait parler leur puissance pour le devancer. Cela démontre que Thierie a bien acquis quelque chose. »
À l’arrivée, Gatlin, champion du monde du 200 m à Helsinki en 2005 puis suspendu pour dopage, s’impose en 6”64 contre 7”05 à Ferdinand, qui termine 6e. Gatlin décrochera le jour suivant (samedi dernier) le titre aux dépens du Jamaïcain Nesta Carter et du Britannique Dwain Chambers, qui a lui aussi déjà été suspendu pour dopage. « Si Ferdinand avait pu réaliser sa meilleure marque personnelle (6”97), il aurait passé ce premier tour. Mais il est sorti de là en se disant qu’il doit encore travailler pour se perfectionner », poursuit le coach.
Idem pour Mary-Jane Vincent, 24 ans, qui termine 7e de la 5e série en 7”84, synonyme de nouveau record national. La série est enlevée par l’éventuelle vice-championne du monde en salle, l’Ivoirienne Murielle Ahoure, en 7”23. Vincent avait couru en 7”70 à Bambous le mois dernier et détient depuis avril dernier le record national manuel en 7”4. « L’espoir se trouve là avec ces jeunes. Il faut simplement continuer à travailler. C’est une question de patience car il ne faut jamais désespérer, même face aux plus grands », estime-t-il.
Durant leur présence à ces mondiaux, les deux athlètes mauriciens ont également eu le plaisir d’accueillir à leur table à l’heure du dîner le nouveau vice-champion du monde du 60 m, Nesta Carter, avec son coach et son masseur. Le Jamaïcain est venu féliciter Thierie Ferdinand pour son excellent départ.
« Ils ont tous été surpris par le départ rapide de Ferdinand. Carter lui a dit qu’il lui manquait de la musculation pour tenir jusqu’au bout. Même Gatlin est venu nous parler de tout cela. Et l’intérêt que nous avons suscité chez eux a fait vraiment du bien à nos jeunes. Ils étaient impressionnés par le fait que l’on vienne d’un aussi petit pays. Ils nous ont dit de continuer à travailler pour réussir. »
Karl Paul n’a pas hésité à lancer une invitation à Nesta Carter pour le prochain meeting international prévu en avril. Mais ce dernier lui a fait part qu’il avait un calendrier très chargé en cette période et que si le Grand Prix était organisé vers octobre, il pourrait alors débarquer.
De son côté, Mary-Jane Vincent avoue que cette expérience lui pousse à persévérer. « C’est très motivant d’être confrontée à de tels coureurs. On a envie de bosser davantage pour arriver à leur niveau. Nous aussi nous pouvons y arriver », estime-t-elle. En tout cas, pour elle, la chasse aux minima olympiques de Londres est bien lancée au 200 m.
« J’ai vu les Nigérianes et l’Ivoirienne Murielle Ahoure qui seront là aux championnats d’Afrique. Ahoure s’entraîne depuis un an aux Etats-Unis. Courir en 23 secondes avec mon coach (Karl Paul) n’est pas impossible (minima B 23”20). Je suis confiante, même si cela n’arrive pas dans l’immédiat. On travaille pour. »
« Elle est bien partie, car c’est maintenant après ce passage aux mondiaux en salle que débute pour nous la saison en plein air avec comme objectif les championnats d’Afrique et des JO », affirme Karl Paul.