C. L n’est pas prêt de retourner à la rue Emmanuel Anquetil. D’ailleurs, les enfants et autres proches de cet homme de 67 ans le lui interdisent. Il se contente, depuis le 11 août, de cuisiner chez lui. Pas question d’aller au restaurant dans le quartier chinois. L’habitant de Baie-du-Tombeau est encore sous le choc de son agression survenue le samedi 11 août.

C.L a été victime d’un vol, alors qu’il y avait ses petits-enfants dans la voiture. Ce samedi soir, il revient de l’aéroport. Sur le siège avant, sa petite fille de 10 ans, sur le siège arrière, son petit-fils de 5 ans dort. Il s’arrête à la rue Emmanuel Anquetil, Port-Louis, pour récupérer les repas qu’il a commandés. La rue est bondée de véhicules. Il s’arrête à une quinzaine de mètres du restaurant, se gare, enferme les deux enfants dans la voiture et récupère sa commande au restaurant. Le petit dormant profondément, il demande à sa petite-fille de prendre place sur le siège arrière. Elle s’exécute et il pose ses take-away sur le siège passager avant. Il était sur le point d’entrer dans la voiture, quand quelqu’un lui bloque la porte du véhicule. Le malfrat avait un long couteau ! “Monn zis dir li ena zenfan dans loto. Monn reste trankil”, raconte C.L. L’homme lui demande alors de lui remettre tout l’argent qu’il avait sur lui. C.L retire les quelque Rs 400 qu’il avait en poche et les remet au voleur. “Pas assez li dir. Donn tout larzan ki to ena, sinon mo touy toi”, lance son agresseur.

Gardant son calme, et craignant surtout pour la vie des deux enfants avec lui, C.L remet les Rs 12 000 qu’il avait dans la voiture. Sans demander davantage, l’homme tourne les talons. Il est récupéré à côté par un complice à moto. Le retraité s’assure que les enfants, traumatisés, sont sans danger. Il fera ensuite une déposition à la police.

S’il s’est remis de cette agression, ses petits-enfants, eux, sont toujours perturbés. Ils ne veulent plus revenir à Port-Louis. D’ailleurs, les proches de C.L lui interdisent de retourner à China Town. Il le fera, mais pas d’aussitôt, dit-il. “Le quartier est dangereux de nos jours. Même avec la patrouille privée que nous venons de mettre sur pied, le danger existe. Si les malfrats savent qu’il y a une police parallèle, ils vont aller ailleurs, mais après, ils reviendront”, estime-t-il. Selon lui, il faut plus de policiers en civil dans le quartier chinois et parallèlement une vigilance accrue. “Il faut piéger les voleurs pour qu’ils ne reviennent plus”, dit-il.