C’est avec une exposition que l’événement Sega Tipik Sa a démarré, le samedi 6 février au Caudan Waterfront. L’occasion pour les visiteurs de (re)découvrir une vingtaine d’instruments (zese, bob, kaskavel, laserp, bambou, galet, jerricane, mailloche, krapo, banc) utilisés dans la pratique du séga, des temps anciens à la musique locale actuelle. En plus des instruments qui font partie de la collection de Marclaine Antoine, le public a pu aller Sur les traces du séga mauricien à travers une série de pancartes, réalisées par les élèves de l’École du Nord, qui mettent en avant, en écrit et en photos, plusieurs instruments typiques.
Le dimanche 7 février à 18h, Sega Tipik Sa s’est poursuivi avec un exposé de Marclaine Antoine sur les instruments présentés lors de l’exposition. Les rythmes du séga ont résonné toute de suite après avec le groupe Mizik Dan Lapo, Menwar et Lespri Ravann. Les enfants de Mizik Dan Lapo, seuls sur scène ou aux côtés de Jasmine Toulouse et des musiciens de Lespri Ravann, ont su partager leur passion pour le typique. Se présentant sous une formule plus élargie, le groupe Lespri Ravann s’est associé à la voix de la jeune chanteuse Emmelyne Marimootoo.
En sus de saluer ce beau partage musical qui s’est propagé sur la scène du Caudan Waterfront dimanche, Stephan Jauffret-Rezannah, l’initiateur de Sega Tipik Sa, a trouvé intéressant que “le public ait su apprécier et suivre l’évolution du séga à travers différentes couleurs de la musique locale”. Prochaine étape : clore le tournage du documentaire qui est réalisé dans le cadre du projet et entamer le recensement auprès des groupes et chanteurs typiques dans trois mois, “si le budget est réuni dans les temps. Car le souci que nous rencontrons en ce moment concerne le manque d’intérêt et de considération pour le séga typique de la part de nombreux sponsors privés. Quand ils entendent parler de séga typique, ils refusent catégoriquement, sans se dire qu’il s’agit là d’un patrimoine mondial”.