Ses personnages ont tous les yeux fermés et pourtant ils évoluent en pleine journée. « C’est pour voir le monde autrement », nous confie l’artiste Nathalie Perichon qui montrera ses derniers travaux lors d’une exposition qui se tiendra au Hennessy Park à Ébène du 19 au 30 novembre. Le Mauricien l’a rencontrée la semaine dernière dans sa maison à Eau-Coulée, lieu où elle travaille également.
L’artiste présentera vingt tableaux pour cette exposition. Tous réalisés dans un même style : le naïf, qu’elle a choisi pour s’exprimer depuis ses débuts. Une même technique : le mix media. Peintes à l’acrylique, dentelles, paillettes, mosaïques et des motifs dessinés viennent orner ses toiles déjà très colorées pour « les embellir », affirme l’artiste qui chemine en autodidacte depuis plus de 15 ans. Elle raconte : « Quand j’étais petite, je fermais les yeux très fort, je voyais des petits points blancs devant moi. » En expérimentant l’ajout des petits points blancs à ses travaux, elle a un coup de coeur. Les petits points blancs sont devenus des petits points colorés avant de se transformer en motifs selon son humeur et le sujet qu’elle traite. Elle s’inspire beaucoup de son enfance et de ses souvenirs auprès de sa grand-mère qui était couturière. « Elle faisait des habits pour les femmes hindoues. J’ai grandi dans cet univers de paillette, de brillance et de motifs à l’indienne comme le cachemire. Vous remarquerez aussi des animaux dans mes travaux : coqs, oiseaux, chats… on avait une basse-cour avec beaucoup d’animaux », raconte notre interlocutrice qui se passionne des gens. « Je les observe beaucoup », affirme-t-elle.
Pour cette exposition, le visiteur pénètrera ce qui constitue son quotidien, présent et passé. Reconstitué ! Trois voisines qui partagent une tasse de thé sur les perrons d’une d’entre elles après le départ du mari pour les champs. « Ces femmes se réveillaient très tôt. Après le départ du mari, elles partagent une tasse de thé en papotant, en réfléchissant à ce qu’elles vont faire dans la journée… Elles parlent de leurs enfants et de leurs avenirs, elles partagent leurs rêves », fait ressortir notre interlocutrice. Les murs sont recouverts de motifs : un renvoi aux papiers journaux ou d’emballage cadeaux qui tapissaient les murs des maisons dans le temps.