Une cinquantaine de chasseurs mauriciens se sont réunis samedi matin au centre Marie Reine de la Paix afin de décider de la marche à suivre après l’augmentation des frais pour la Game Licence et la Firearm Licence. Ils se disent même prêts à descendre dans la rue afin de réparer, selon eux, cette « injustice » face à cette « stigmatisation » de la chasse par le gouvernement.
Gaëtan Oudin est un passionné de chasse et c’est notamment à son initiative que les chasseurs se sont réunis pour faire état de ce « peu de considération de la part des autorités ». Une pétition a été envoyée au ministre des Finances Xavier-Luc Duval mais n’a eu aucune réponse, dit-il. « Nous avons invité le ministre de la Jeunesse et des Sports mais il n’est pas venu et n’a envoyé aucun officier pour le remplacer », a expliqué M. Oudin. L’organisateur de la rencontre affirme qu’il ne va pas céder et qu’il contactera le Prime Minister’s Office et si rien n’est fait une marche de protestation semble pour lui la meilleure solution.
M. Oudin nous explique que les frais annuels sont passés de Rs 500 en 2006 à Rs 2 500 en 2007 pour atteindre Rs 8 000 en 2013 – Rs 3 000 pour la Game Licence et Rs 5 000 pour la Firearm Licence. Gaëtan Oudin précise que le chasseur doit payer Rs 5 000 par fusil, que les prix des munitions ne cessent d’augmenter et qu’il y a d’autres dépenses. Le chasseur a besoin de chiens et les élever coûte cher. « Il y a également le Competency Certificate et les frais qui vont avec qui coûte Rs 2 000 », nous dit-il.
Pour sa part, un dénommé Vinay se décrit comme un « chasseur moyen » et soutient que « c’est décourageant quand il faut dépenser environ Rs 13 000 pour pratiquer un sport ». Il affirme qu’il doit aussi payer pour un autre permis afin de pouvoir élever des chiens de chasse. Pour un autre, la chasse est une tradition familiale et certaines personnes sont maintenant retraitées et c’est difficile pour eux de s’acquitter de tels frais.
« Je crois malheureusement que le gouvernement mauricien pense que la chasse est réservée à une certaine élite. Les chasseurs ne sont pas tous des riches propriétaires ! », affirme Frédéric Merle de la Société des Chasseurs de l’Île Maurice. Il a également parlé de la réparation des fusils qui se fait difficilement à Maurice. « Théoriquement, même le propriétaire du fusil n’a pas le droit de le réparer. La seule personne qui répare les fusils actuellement pourrait bien quitter le pays dans quelques temps ». Et de soutenir que plusieurs demandes ont été faites pour avoir le droit de réparer des fusils mais aucune demande n’a été considérée depuis des années.
Plusieurs intervenants et le public ont fait valoir leur opinion et les problèmes que les chasseurs rencontrent. « Il serait temps que le ministre des Sports réalise que la chasse est un sport et qu’il doit la promouvoir… Il n’y a pas de raison à cette stigmatisation, au contraire, il faut nous offrir plus de facilités », soutient un autre chasseur. Certains se disent favorables à la création d’une fédération comme à l’Île soeur.