La langue kreol est belle. Mélanie Pérès célèbre sa beauté avec une histoire qui prend aux tripes, Tigann ou traverse enn fam dan divan kontrer. Ce roman publié selon lortograf kreol a été l’un des trois à s’être distingué au Konkour literer 2015 de la Creole Speaking Union (CSU).
Vingt ans, chanteuse de Flashback (un des groupes les plus en vue du moment), comédienne, étudiante, elle incarne le nouveau visage de la Mauricienne. En marge de la Journée internationale de la Femme, observée le 8 mars, nous l’avons rencontrée pour mieux appréhender la condition féminine dans la littérature. Nous avons suivi Mélanie Pérès dans les méandres d’une vie de femme.
Souffle jazzy susurré sur un couplet de Maya Kamaty. Ce n’est pas un hasard si Mélanie Pérès donne de la voix en créole réunionnais. Et également en kreol seychellois et mauricien. Pas un hasard qu’elle frappe la ravanne et secoue la maravanne. Cette fille fluette et souriante est empreinte de culture insulaire. Elle est la fille de Patrick Pérès, le bassiste qui a incarné Bhaï Abou aux côtés de Claudio.
Mélanie a grandi au coeur de notre créolité. Pourtant, le kreol n’a pas toujours été sa langue usuelle. Elle s’entend dire un jour : “To enn gran nwar, twa. To pa koz kreol.” Sa rencontre avec Marie-France Favory changera la donne. Le théâtre en kreol lui ouvre des possibilités insoupçonnées. Elle sera de la grande aventure de la pièce engagée Nu traverse, jouée ici et ailleurs.