L’Air Mauritius Institute, lancé l’année dernière, formera bientôt des pilotes. Cette institution de formation, mise en place par la compagnie d’aviation nationale, accueillera non seulement les aspirants pilotes mauriciens mais également ceux de la région. Depuis 2017, il y a plus de pilotes mauriciens qu’étrangers qui travaillent dans la compagnie.
« Air Mauritius lancera sous peu sa Flying Academy. Nous offrirons des cours de pilotage aux Mauriciens, aux potentiels pilotes d’Air Mauritius et à tous les jeunes ayant les qualifications requises pour devenir pilote », explique Prem Sewpaul, responsable de la communication d’Air Mauritius, mardi après-midi lors d’une discussion, à l’Université de Maurice, sur les perspectives et les défis dans l’industrie de l’aviation.

Prem Sewpaul rappelle que l’Air Mauritius Institute a été lancé l’année dernière sous l’impulsion du CEO de la compagnie, Somas Appavou. En ce moment, cette école de formation regroupe tous les cours techniques en aviation dispensés à son personnel.
Si les problèmes techniques sont courants dans l’aviation, Prem Sewpaul avance que « la malchance » a été que plusieurs problèmes techniques sont survenus en même temps. « C’est la nature des choses », dit-il, précisant que « les normes de maintenance chez Air Mauritius sont de très haut niveau ». Il ajoute : « Toutes nos procédures d’opération répondent aux normes mondiales des plus strictes. Nous sommes certifiés par l’European Aviation Safety Agency et sommes autorisés à faire de la maintenance sur des compagnies d’aviation européennes. » Ceci, selon lui, démontre le niveau d’Air Mauritius.

Les deux pannes techniques, qui ont « bousculé » les opérations et qui ont créé un effet boule de neige, ont entraîné des changements dans les horaires des opérations. Par ailleurs, abordant le plan d’action, qui devra être mis en place suivant les déficits de la compagnie, Prem Sewpaul souligne que le document est « en préparation ». Il rappelle que des consultants spécialisés du Centre for AsiaPacific Aviation travaillent en ce moment sur un modèle économique pour la compagnie. « La firme PwC travaille sur le côté capital et le rapport sera bientôt soumis », dit-il.

Cet événement, qui avait réuni les étudiants de la faculté de l’ingénierie, les a aussi permis de découvrir les complexités de cette industrie qui subit une transformation structurelle importante à un moment où l’environnement opérationnel évolue rapidement. « Malgré la concurrence des 20 compagnies aériennes étrangères, Air Mauritius joue un rôle crucial à faire de Maurice un centre régional d’aviation », soutient le Chief Operating Officer de MK, Indradev Buton. Alors que des opportunités se présentent pour les compagnies aériennes suite aux prévisions de l’International Air Transport Association, qui estime « une hausse » dans le nombre de passagers, soit à 8,2 milliards en 2037, « des défis sont aussi très présents ». Le prix du carburant volatil, le taux de change et des coûts opérationnels en augmentation constante, sont autant de défis, qui selon, Indradev Buton ont « un impact sur la compagnie ».

Alors que la croissance est attendue dans le secteur de l’aviation, où 540 pilotes et 630 000 techniciens seront nécessaires jusqu’à 2037, les étudiants présents ont été plus intéressés à prendre connaissance des opportunités de carrière. Pour la plupart d’entre eux, trouver un emploi est le « souci majeur ». Selon une étudiante, ils sont plusieurs diplômés de l’aéronautique à Maurice qui ont « du mal à se faire embaucher ». L’inquiétude des jeunes semble palpable car, un des jeunes présents, n’a pas hésité à demander si « des compagnies étrangères souhaiteraient ouvrir des branches à Maurice pour leur offrir de l’emploi dès qu’ils auront terminé leurs études ». D’autres s’intéressant au métier de pilote ont voulu savoir si les cours étaient payés par Air Mauritius.

L’industrie de l’aviation comprend 1 303 compagnies aériennes et 31 717 avions, qui desservent 45 091 destinations et 3 759 aéroports. Cette industrie contribue à 3,6% au Produit intérieur brut mondial, soit USD 2,7 mille milliards.