Le défi sera assurément énorme pour les six badistes mauriciens qui abordent à Glasgow dès le 23 courant, jour de l’ouverture, le tournoi par équipes mixte. Face à des nations qui dominent particulièrement en long et en large ce sport sur l’échiquier mondial, il leur faudra bien plus que leur combativité limitée au continent africain pour que le miracle s’opère.
Face à la densité de joueurs asiatiques, britanniques, océaniques, nord-américains et même africains avec l’Afrique du Sud, le Nigeria et l’Ouganda notamment, il ne faudrait pas se faire d’illusion. À l’exception de la Chine qui, autrement aurait pu tout écrasé sur son passage, et de l’Indonésie s’ils avaient été d’anciennes colonies de sa Majesté, toutes les autres nations phares seront bien présentes du 23 courant au 3 août pour accrocher les titres par équipes et en individuel, soit la bagatelle de 23 pays en lice, tous répartis en six poules dont cinq composées de quatre pays et une de trois pays.
Et bien entendu, les pays les plus redoutés, tels la Malaisie en quête d’un troisième titre d’affilée en équipe mixte, Singapour, l’Inde, l’Angleterre, l’Irlande du Nord, l’Écosse, le Pays de Galles, l’Australie, le Canada et la Nouvelle-Zélande, seront assez logiquement de ceux qui bénéficieront du statut de têtes de série. Et comme en 2010 à New Delhi, les deux premiers pays de chaque poule accéderont au tour suivant.
À quoi donc devrait-on s’attendre de cette l’équipe mauricienne ? « On ne peut dire qu’on y va pour faire de l’ombre à ces grandes nations. On espère juste que Maurice tombe dans un groupe où elle ne sera pas dépassée, mais en mesure d’affronter et éventuellement battre 2-3 pays afin de s’aguerrir et prendre de l’expérience », relativise Raj Gaya, vice-président de l’Association mauricienne de badminton (AMB). « C’est l’objectif qui est le plus accessible. » On laissera donc à l’impondérable tirage au sort le soin d’en décider. Mais gare tout de même aux surprises qui pourraient venir de ces pays assez méconnus du gratin mondial.
Au demeurant, la sélection mauricienne composée de six joueurs se trouve renforcée avec l’arrivée de l’expatriée Nicola (Nicki) Suan Im Chan-Lam, 22 ans, qui évolue en Angleterre. Attendue l’an dernier comme renfort de choix en vue des championnats d’Afrique tenus à Maurice (août), elle avait dû décliner en raison d’une blessure au genou. Cette fois, les nouvelles sont plutôt bonnes. « Elle s’en est bien remise et a effectué sa rééducation en avril pour recommencer à jouer en mai. Elle a disputé ses premiers matches le mois dernier (juin) à Londres. »
Glasgow sera également l’occasion pour évaluer Nicki Suan Lam dans le contexte des prochains Jeux des îles, indique-t-on. Avec Kate Foo Kune, Yeldy Louison, Sahir Edoo, Aatish Lubah et Julien Paul, l’ossature de la sélection se dessine déjà. Elle devrait être complétée par Shama Aboobakar, dont le retour est annoncé pour le mois prochain après une année de repos, ainsi que Christopher Paul, Kiran Baboolall, Shaheer Ramrakha, entres autres.
Quoi qu’il en soit, la sélection des six badistes pour Glasgow tient plus d’un choix effectué par rapport aux combinaisons envisageable pour les doubles hommes, dames et mixte. Si Julien Paul, Aatish Lubah, Kate Foo Kune et Nicki Suan Lam devraient être en lice en simple et double hommes et dames, Sahir Edoo et Yeldy Louison devraient quant à eux être plus présents en double et double mixte.
Installé au poste de DTN à la mi avril, l’Indonésien Tony Wahyudi effectuera en tant que tel sa première fonction à l’étranger. « C’est un hard worker et les joueurs sont satisfaits de son apport technique », fait ressortir Raj Gaya. Rajen Pultoo, secrétaire général de l’AMB, fait aussi partie de la délégation. Celle-ci s’envolera dimanche à 22h.
En 2010 à New Delhi, Maurice n’avait pu terminer que 3e de la poule C du tournoi par équipes derrière l’Angleterre et le Canada. Elle avait sauvé l’honneur en signant une victoire 4-1 face à l’Ouganda par l’entremise de Karen et Kate Foo Kune, Stephan Beeharry et Sahir Edoo. Dans le tournoi individuel, les soeurs Foo Kune avaient été éliminées en 16es de finale du simple dames, tandis qu’en double hommes, la tandem Beeharry-Edoo avait franchi le 1er tour.