À la 23e semaine du BAI-Mega Financial Scam, avec un préjudice de Rs 23 milliards, l’heure est au plan d’urgence pour identifier les sources de financement du second volet de remboursements des clients du Super Cash Back Gold avec le Zero-Coupon Debentures. Au cours des cinq prochaines années, National Property Fund Ltd devra disposer de fonds de l’ordre de Rs 19,2 milliards au titre du Super Cash Back Gold (24 690 polices) et de Rs 3,1 milliards à l’enseigne de Bramer Assets Management Ltd (6 362 investisseurs), soit une moyenne de Rs 3,3 milliards à chaque 30 juin entre 2016 et 2020, pour honorer les engagements pris par le gouvernement.
Sur le papier, le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoola, de BDO, se dit confiant de pouvoir recouvrer Rs 13,6 milliards, laissant un trou variant entre Rs 2 milliards et Rs 2,5 milliards pour le remboursement de l’ultime tranche au 30 juin 2020. En guise de contingency plan, les autorités prévoient de combler ce trou avec la vente d’actions de Maubank Ltd, la nouvelle banque commerciale annoncée avec la fusion de la National Commercial Bank (NCB) et la Mauritius Post and Cooperative Bank (MPCB).
Toutefois, d’ici à la conclusion de cet exercice, de multiples étapes devront être complétées avec les investigators de l’Assets Recovery Unit de l’Office of the Director of Public Prosecutions, menés par le chef inspecteur Sébastien Joseph, engagés sur plusieurs fronts, dont le dernier en date concerne des Top Guys du défunt groupe BAI, en l’occurrence Rishi Sookdawoor, Chief Executive Officer de BAI Co (Mtus) Ltd, Seemadree Rajanah, Chief Operating Officer et l’homme à tout faire du Chairman Emeritus, Dawood Rawat, et Jaya Allock, CEO de Bramer Assets Management Ltd. En parallèle, les autorités dressent un inventaire complet de toutes les transactions immobilières et financières des membres de l’entourage de Dawood Rawat, deals financés avec les fonds détournés de l’Insurance Common Policy Holders Fund.
Sur cette ardoise de Rs 22,3 milliards, une somme de Rs 6 milliards a déjà été remboursée jusqu’ici, avec notamment la réalisation des liquid assets du groupe BAI et une ligne de crédits de Rs 3,5 milliards à un taux d’intérêts de 3,75% annuellement de la Banque de Maurice, avec en contrepartie les avoirs évalués à Rs 4,2 milliards au sein de Britam (Kenya). De ce fait, le 30 juin prochain, National Property Fund Ltd devra débourser Rs 6,8 milliards pour s’acquitter de ses engagements.
En marge des opérations de recouvrements des avoirs du groupe BAI et de ses entités relatives, l’option qui pourra être privilégiée dans la conjoncture ne sera nulle autre qu’un partenariat avec National Insurance Company Ltd. Une mission de compagnie d’assurance britannique, Old Prudential, est attendue à Maurice en vue d’ouvrir des négociations avec les autorités pour une prise de participation dans la compagnie d’assurance, qui détient 32% du marché d’assurance à Maurice. Mais avant l’annonce de toute décision officielle, il faudra s’attendre à prendre connaissance des conclusions d’un exercice de due diligence.
La NIC est également en présence de deux offres fermes de prise de participation au capital, soit à hauteur de 33% dans le premier cas. La seconde offre démarre avec une equity participation minoritaire de 20% pour passer subséquemment à part majoritaire au sein de la NIC.
Cette démarche a été confirmée par le ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, à l’Assemblée nationale en affirmant que « the interested parties have identified equity participation in NIC ». Cette dernière compagnie, qui détient un portefeuille de 135 000 polices d’assurance, génère des primes d’un montant annuel de Rs 1,2 milliard avec le projet visant à étendre le nombre de filiales de 14 à 22 dans les mois à venir.
Banqueroute
Si cette prise de participation au sein de la NIC est considérée comme une des premières étapes de recouvrement, la possibilité d’un partenaire stratégique pour la Maubank en 2020 est annoncée comme un des moyens pour compléter les Rs 2,5 milliards assurant l’intégralité des paiements sous le Super Cash Back Gold et Bramer Assets Management Ltd. « Government expects a partial disposal through either a private equity, a strategic partner or a listing in four years to recoup Rs 2.5 billion, which will be contributed to finance the last payment of debentures in June 2020 », a indiqué officiellement le ministre Bhadain.
Les autres sources de recouvrement identifiées par le Special Administrator sont la vente des immeubles appartenant à Bramer Property Fund Ltd d’un montant estimé à Rs 1,2 milliard, de la clinique Apollo-Bramwell, opération susceptible de rapporter en moyenne Rs 1,6 milliard, avec deux offres de rachat soumises au ministère des Finances au cours de la semaine écoulée et Rs 1,1 milliard en provenance d’autres sources, dont entre autres la vente des appartements de luxe appartenant aux Rawat et ayant fait l’objet de saisie dans le complexe de Diplomat Gardens à Floréal.
Avec la présentation de la firme d’auditeurs de KPMG en date du 29 mars 2011 aux membres de l’Audit Committee de BAI, du Top Management du groupe et des membres du Board, la responsabilité fiduciaire de ces derniers est engagée car ils ne peuvent en aucun cas plaider l’ignorance de la banqueroute depuis 2010 et encore moins la mise en opération du BAI Ponzi Scheme. Dès 2010, les auditeurs de KPMG avaient mis en garde contre l’éventualité de pertes de Rs 13,5 milliards pour l’exercice financier se terminant au 31 décembre 2013.
Dans cette perspective, des Top Managers du groupe, entre autres Rishi Sookawoor, Seemadaree Rajanah et Jaya Allock, sans oublier Dawood Rawat et des membres de sa famille, sont sous la menace directe de « personal assets seizure of all those who had knowledge and were involved in the fraud ». L’Assets Recovery Unit a déjà entrepris un travail préliminaire pour dresser la liste des avoirs de ceux susmentionnés en vue de réclamer des Judge’s Orders sous l’Assets Recovery Act.
« Professional indemnity insurance »
Toutefois, le cas de Rishi Soodawoor est encore plus compliqué avec un money trail formel indiquant d’importants transferts de fonds de ses comptes bancaires vers ceux de ses proches. Incessamment, il pourra être appelé à justifier ces mouvements de fonds, qui sont considérés comme étant suspects. À l’agenda également de cet exercice d’Assets Recovery est toute série d’acquisitions immobilières et foncières à Maurice et à l’étranger de ceux faisant partie de l’entourage de Dawood Rawat ou encore de ses partenaires d’affaires. Les biens immobiliers ciblés par cette enquête sont situées dans la capitale mais également dans des endroits comme Petit-Paquet et Sébastopol dans l’Est.
Le Special Administrator Ramtoola a également jeté son dévolu sur des professional indemnity insurance pour un montant de Rs 2 milliards souscrites par des directeurs de BAI pour les couvrir au cas où ils sont pris à défaut et en flarant délit dans le BAI Ponzi Scheme opéré. Une importante compagnie d’assurance mauricienne, autre que la BAI, est concernée par cette couverture, même si la réassurance est également de mise. Les réclamations officielles, qui devront être logées incessamment, pourraient être un game changer pour cette société d’assurance.
Entre-temps, les 34 pages du rapport de KPMG sur BAI Co (Mtius) Ltd — Results of Audit December 31, 2010, coûteront très cher à cette société d’experts-comptables assurant la vérification des comptes de l’empire Rawat. Des échanges ont été engagés avec la représentation de KPMG en Afrique du Sud au sujet du manquement majeur de la filiale mauricienne. La responsabilité est engagée pour n’avoir pas révélé la banqueroute du groupe BAI, soit « no longer a going-concern » dans les bilans financiers.
Des sources autorisées citent le chiffre d’au moins Rs 1 milliard comme le montant des « fines and compensations to be obtained by professional service providers who have contributed directly or indirectky to the fraud ». KPMG d’Afrique du Sud devra revenir à Maurice incessamment en compagnie de profession indemnity specialists en vue de « sort this specific matter » vu que dès fin 2010, les experts-comptables de KPMG savaient pertinemment bien que « policyholders’ funds were being invested in assets where minimal return were obtained and recoverabiloty low » …