Le directeur technique national (DTN), Charles Tassin, jette un énorme pavé dans la mare du basket-ball mauricien. À l’issue d’une réunion tenue fin janvier, le Français, arrivé à Maurice en amont des JIOI 2015, dresse un triste constat et préconise des mesures de redressement afin de redonner à la discipline ses lettres de noblesse.
Tout commence avec une réunion regroupant les présidents de clubs et à l’issue de laquelle le DTN note bon nombre de points négatifs. En premier lieu, le niveau du basket-ball. « Trop de différences entre le basket à Maurice et les autres pays », peut-on lire au début du compte rendu de deux pages. Juste avant, il fait état d’une certaine vérité. « Le basket mauricien se meurt. Si nous continuons ainsi, dans trois ans, il n’y a plus de compétitions sérieuses à Maurice. »
Il pousse même le bouchon plus loin. « Des clubs de Super League s’entraînent une fois par semaine ! » avance-t-il. Tout en pointant du doigt les failles d’un système ne facilitant pas la hausse du niveau de jeu. « Les catégories jeunes sont presque inexistantes dans les clubs. »
Ensuite, il déplore l’absence de formation des coaches et d’échanges entre équipes. « Les clubs, en dehors des compétions, n’ont pas d’échanges, pas de tournois amicaux, pas de réunions entre coaches et présidents. » Les entraîneurs ne sont pas épargnés. « Les coaches n’ont pas de stage de recyclage, pas d’échanges d’informations avec les arbitres internationaux, etc. », écrit-il encore.
Mais il va plus loin en critiquant même les rencontres qui se jouent en semaine, au gymnase de Phoenix, qui « ne facilitent pas la venue de supporteurs et de spectateurs. Et tous les matches se jouant à Phoenix, le reste de l’île ignore le basket. »
Pourtant, le DTN veut redresser la situation, tâche ardue s’il en est. S’il dresse une liste de choses qui ne vont pas, il ajoute dans la foulée une série de mesures pour que le basket-ball mauricien retrouve ses lettres de noblesse.
Il demande ainsi que le calendrier soit plus travaillé. Sa première proposition viendrait à bousculer les habitudes. « Revoir la saison du championnat, calquer sur les dates internationales, c’est-à-dire commencer le championnat en septembre. »
Ensuite, il demande que les plus jeunes s’aguerrissent à la compétition plus tôt. Deux mesures visent à « intégrer l’équipe du centre de formation des 16-20 ans à la Super League » et « intégrer les U16 en D1 », avance le DTN.
Il s’attelle ensuite aux entraîneurs, qui devront désormais se recycler avant le coup d’envoi de la saison. « Imposer aux entraîneurs de la Super League et de D1 une licence qui les oblige à un stage avant chaque saison, mais aussi une formation d’entraîneur diplomante », préconise Charles Tassin dans son rapport.
Il avance également deux mesures pour intégrer Rodrigues dans les plans. « On pourrait inviter l’équipe championne de Rodrigues pour les play-offs du championnat et inviter les meilleurs espoirs rodriguais à intégrer le centre de formation pendant les vacances scolaires. »
En outre, il demande que le basket-ball soit régionalisé, avec d’une part la création de centres régionaux et d’autre part des matches qui seraient joués chaque semaine dans un lieu différent.