Alors que les Championnats du monde de beach handball U17 tirent à leur fin aujourd’hui, l’Italien Giampero Masi, président du working group de l’International Handball Federation (IHF), fait état d’un fiasco total pour cette compétition tenue à Maurice. Si sur le terrain le spectacle était au rendez-vous, dans les coulisses, c’était la crise. En témoignent les soucis qui demeurent à régler et des factures à payer. Mais la question est de savoir qui sortira le chéquier. Est-ce le ministère de la Jeunesse et des Sports, l’IHF ou Ludovic Carré, qui en plus d’être le coach de la sélection masculine a aussi pris la responsabilité du comité d’organisation?? La question est posée, sachant que la somme totale qui a été budgétée dernièrement, soit Rs 10 millions, n’a toujours pas été réunie. D’ailleurs, Ludovic Carré continue à lancer des appels de détresse aux sponsors éventuels. « Toute aide financière, peu importe le montant, est la bienvenue ».
Face à ce chaos, l’IHF s’est retrouvée dans l’obligation de revoir ces normes pour que les premiers mondiaux de beach handball jamais organisés pour les U17 puissent avoir lieu. D’où leur décision de faire l’impasse sur la traditionnelle cérémonie d’ouverture et de renoncer à certaines infrastructures, se contentant du strict minimum. Qui plus est, au premier jour de compétition, quelques drapeaux nationaux n’avaient pas encore été accrochés. La sélection féminine mauricienne s’est en outre fait remarquer par son absence, elle qui devrait jouer le match d’ouverture face à la Thaïlande. Dans la même journée, certains travaux n’avaient pas été exécutés, d’autres ayant été achevés à crédit.
La situation déplait à Giampero Masi, qui se dit « très déçu » de l’organisation. Visage crispé et peu enthousiaste, il ne cache pas son amertume. « La compétition demeure une grosse déception sur le plan organisationnel. Nous promouvons le beach handball sur le continent Africain à Maurice. C’est la première fois qu’une compétition de cette envergure est organisée en Afrique. Ces Championnats du monde devaient être de haute facture au lieu de quelque chose de basic. »
Mais comment a-t-on pu arriver à cette situation?? L’IHF, en toute conscience morale et professionnelle, n’aurait-elle pas dû demander des garanties?? L’Italien nous affirme que les anciens responsables du comité d’organisation, notamment de l’ex-directeur du projet, Jimmy Anthony, et Daniel Gérard, étaient convaincants dans leurs arguments. « Ils avaient présenté un bon dossier en illustrant notamment un plan financier en termes de dépenses et revenus. Tout était correct aux yeux de l’IHF et elle leur a donné sa confiance. Et vu que c’était une première en Afrique, elle a été flexible sur ses règlements. Cependant, personne ne nous a informés du moindre souci. Nous avons pris connaissance du problème bien trop tard. Si nous avions été informés à temps, le groupe d’organisation de l’IHF aurait pu réagir. »
En effet, ce n’est qu’à l’arrivée des représentants de l’IHF dans l’île, soit une semaine avant les mondiaux, qu’ils ont constaté la taille du problème. Il leur était alors impossible de faire marche arrière, car la majorité des équipes mettaient déjà le cap sur Maurice pour disputer le titre et tenter de remporter les tickets qualitatifs pour les Jeux olympiques de la Jeunesse, qui se tiendront l’année prochaine en Argentine.
Selon Giampero Masi, « le comité d’organisation qui avait été constitué au commencement était biaisé ». Et d’ajouter : « Les personnes qui étaient en charge ont disparu et l’IHF s’est retrouvée seule quelques jours avant la compétition. Seulement quelques Mauriciens ont pris part dans l’organisation. Il y avait Ludovic Carré, Sydney Laroulette, Asheenee Chellen et les volontaires. Ces derniers nous aident énormément du matin au soir depuis le premier jour. Cela n’aurait pas été possible sans eux. Pour moi, ce sont ces gens-là qui méritent le titre de champion du monde. »
Même si l’Italien préfère éviter les conversations sur l’aspect financier ou juridique, les conséquences seront bien évidemment graves. Et diplomatiquement, c’est avant tout l’image de l’île Maurice qui prend un sale coup.