« Travayer, fimer mem konba. » C’est partant de ce slogan que le Cannabis Legalisation and Informative Movement (CLAIM) organise un rassemblement à Beau-Bassin le 1er mai. L’événement sera agrémenté d’un concert. CLAIM veut ainsi sensibiliser l’opinion publique sur les « vertus » du cannabis et la nécessité d’une légalisation « contrôlée » pour combattre les drogues dures et synthétiques.
Pour Selven Govinden, porte-parole du mouvement, le cannabis — connu localement comme gandia — a une dimension « spirituelle, médicale et industrielle. » Il invite l’opinion à ne pas se limiter aux « idées reçues » et à considérer le cannabis comme une « plante naturelle aux nombreuses vertus. » En exemple, il cite les cas où des malades à Maurice sont contraints d’utiliser cette plante pour se sentir mieux. « Une maman déposera d’ailleurs devant la Commission sur la drogue pour expliquer la nécessité du cannabis dans le traitement de sa fille épileptique. »
Selven Govinden allègue que le gandia été « criminalisé » dans les années 70 pour permettre à la drogue dure d’entrer dans le pays. Avant d’évoquer les stratégies des dealers « qui avaient créé une pénurie artificielle pour écouler le brown sugar dans les cités et les faubourgs. » Et aujourd’hui, estime-t-il, à un moment où certains pays ont légalisé le cannabis, Maurice doit également évoluer. D’ailleurs, même en France le sujet est actuellement débattu. Selven Govinden dénonce aussi le fait que certaines personnes trouvent en cette plante un « gateway » aux drogues dures. Ce qui est faux, selon lui.
Poursuivant, le porte-parole rappelle que les drogues synthétiques font des ravages chez les jeunes. « Une dose se vend à Rs 25 et est donc à la portée de tous. C’est pour cela qu’on trouve des collégiens pris dans ce piège. » Pour lui, la légalisation du cannabis pourrait apporter une solution à cette situation. Également pointés du doigt, l’alcool et la cigarette, « des drogues aux effets dévastateurs qui sont en vente libre ».
Siva Pareemamun du Groupe Zistis Iniversel s’est joint au mouvement pour l’événement du 1er mai à Beau-Bassin. Son collectif, souligne-t-il, milite pour le respect de la nature. Siva Pareemamun invite les Mauriciens à découvrir ces principes lors d’une célébration nayabinghi, à Tranquebar, le 23 avril, de 18 h aux petites heures du matin.
À noter que le rassemblement du 1er mai se tiendra à la place taxi, Beau-Bassin, de 10 h à 18 h. Plusieurs artistes locaux y animeront un concert gratuit.