Le PMSD est catégorique sur le “Yerrigadoogate” : « Il faut une enquête sérieuse et approfondie » afin de connaître « ki rol Yerrigadoo, Roshi Bhadain inn zwe ladan ». Une question est également ressortie de la conférence de presse du PMSD : que fera le Premier ministre, Pravind Jugnauth, face à ce scandale une fois qu’il sera de retour au pays ?
En l’absence de Xavier-Luc Duval, c’est le secrétaire général du PMSD, Mamade Kodabaccus, qui a longuement commenté l’affaire BET 365, lors d’une conférence de presse samedi. Prévoyant d’autres rebondissements après « le grand déballage » du whistleblower Hussein Abdool Rahim, Mamade Kodabaccus a affirmé que l’ex-Attorney General « est à blâmer ». Ravi Yerrigadoo a, en effet, confirmé qu’il avait signé la lettre de caution en faveur de Hussein Abdool Rahim et que les documents manuscrits sont de lui.
Le secrétaire général du PMSD est aussi revenu sur le voyage en Suisse de Hussein Abdool Rahim en compagnie de Sylvio Sundanum et de l’avocat Dick Kwan Tat. « Ki zot ti al fer ? » s’interroge-t-il. Mamade Kodabaccus rappelle que d’autres personnes ont été impliquées, dont Roshi Bhadain. « Pa bliye ki Yerrigadoo ek Pravind Jugnauth ti bann bon kopin, ti sekestre dimounn dan zafer Dufry/Frydu. Zot ti pe fer Inspecteur Gadget. Zordi Bhadain inn anvi tir manze Ravi Yerrigadoo. Nou anvi kone ki rol Roshi Bhadain ine zwe ladan. Bizin osi kone ki rol Premie minis pou zwe a so retour ».
Autant de raisons qui poussent le PMSD à réclamer « une enquête approfondie et sérieuse », en espérant qu’il n’y aura pas d’enquête « manti-manti », à l’inverse de celle sur le ministre des Terres et du Logement. Mamade Kodabaccus a déploré le fait que Showkutally Soodhun n’a pas encore été convoqué au CCID malgré ses menaces de mort proférées à l’encontre de Xavier-Luc Duval, leader de l’opposition.
Face à tous les scandales survenus récemment, Mamade Kodabaccus est d’avis que « le pays mérite mieux que ça ». Il réclame des élections générales « au plus vite » afin de « met enn frin a sa bann malediksion-la ». Concernant la partielle au N° 18, il se dit « confiant d’une grande victoire ». Cette élection est décisive, selon lui, pour savoir « ki sannla pou vinn nouvo Premie minis ». Mamade Kodabaccus soutient que le PMSD « compte présenter Xavier-Luc Duval comme Premier ministre » et que le parti se présentera seul, malgré les rumeurs persistantes d’une alliance.
Médiocrité gouvernementale
Véronique Leu-Govind, la présidente du conseil de district de Rivière-Noire, est revenue sur les propos tenus par le Deputy Chief Whip, Ravi Rutnah, qui avait traité une journaliste de « femel lisien », en se disant choquée par « le silence des femmes au pouvoir ». Pour elle, « bizin bann madam ki kapav tenir tet ek denonse, pa bann poupet sifon ! » Les critiques ont fusé à l’encontre de la ministre Fazila Daureeawoo, qui était présente lorsque Ravi Rutnah prononçait le discours incriminé. « Gouvernman pe anfons li dan mediokrite. Nou demann Ravi Rutnah gagn desans demisione. Li pa dign gagn so plas dan parlman ».
Véronique Leu-Govind s’est aussi élevée contre le ministre de l’Environnement, Etienne Sinatambou, qui lui aurait manqué de respect en ne l’invitant pas au lancement de la campagne Clean up Mauritius. « Ni moi, en tant que présidente du conseil, ni le président du village n’avons été conviés. C’est un manque de respect envers les institutions », estime-t-elle, rappelant que « dans tous les protocoles du Conseil de district, outre le Premier ministre, le président du conseil est suprême ». Véronique Leu-Govind a soutenu bénéficier « du même statut que n’importe quel maire ou président de conseil de district ».
Robert Pallamy, président du PMSD, a, lui, commenté l’actualité économique, évoquant en premier lieu le cas où Rs 3 M auraient été versées à une seule Ong, se situant à Pailles, dans le cadre du programme CSR. Il a relevé que « par coïncidence », cette Ong se trouve dans la circonscription du ministre de l’Intégration sociale. Robert Pallamy est d’avis que le CSR « a dévié de ses objectifs », ajoutant que « tout est géré de façon amateur ». Il s’est demandé s’il y a vraiment eu un bug informatique, comme l’a expliqué l’institution, ou « si cela aurait été passé sous silence si la presse n’en avait pas fait état ». « Comment faire confiance à une institution qui doit gérer un budget de Rs 800 M, mais qui ne peut pas gérer son site web ? »
Sur le volet diplomatique, le président du PMSD a déploré le manque de visibilité du ministre des Affaires étrangères, Vishnu Lutchmeenaraidoo, dans les échanges avec d’autres pays. « Le ministre des Affaires étrangères est absent de l’actualité diplomatique. Avec le gouvernement Lepep, nous avons toujours eu des ministres des Affaires étrangères transparents ». Rappelant l’importance de préserver les relations diplomatiques, Robert Pallamy a affirmé qu’il y a « un manque de leadership aussi bien à la tête du pays que pour la diplomatie économique ».