Thierry Lagesse, ancien Chairman de l’ex-groupe GML, qui a entre-temps fusionné avec Ireland Blyth Ltd pour former IBL Ltd, veut être rétabli dans ses droits et responsabilités. Cette démarche, qui est devenue le talk du monde des affaires, fait suite à son acquittement par la Cour intermédiaire dans la Returning Resident Scheme Saga, avec en toile de fond la Mercedes “papillon” immatriculée 1177 FB 11. Il a littéralement pris la décision de plaider sa cause sur la place publique en transmettant un e-mail lourd de sens aux membres de la famille Lagesse en date du 29 juillet. Une dizaine de jours après, par un communiqué signé par le  président du conseil d’administration d’IBL Ltd, Jan Boullé, il a reçu une fin de non-recevoir au nom de la bonne gouvernance. À ce stade, difficile à dire si le dossier est clos compte tenu des intérêts en jeu ou encore quelle tournure prendra la prochaine étape de ce qui pourrait être une boardroom war sans égal.
En tout cas, ce qui impressionne dans l’e-mail du 29 juillet à 16h15, soit moins d’une heure avant la présentation du budget 2016-17 à l’Assemblée nationale, c’est la liste des membres de la famille Lagesse réceptionnaires de ce qui est probablement un cri du coeur. Thierry Lagesse prend le soin de revenir en arrière, soit au 11 juillet 2013, quand la Mauritius Revenue Authority avait transmis le dossier de sa Mercedes Papillon à la police à des fins d’enquête. Il maintient que cette décision fait suite « à une interview du CEO de notre groupe jugée offensante à son endroit par le pouvoir en place ».
 À partir de là, ce sera la descente aux enfers pour Thierry Lagesse, qui s’apprêtait à partir en vacances à l’étranger avec ses enfants. « Le 5 août 2013, un déferlement d’accusations de toutes sortes les unes plus viles que les autres s’abattait sur moi alors que j’étais à l’étranger », ajoute-t-il. Il rappelle aux membres de la famille Lagesse que « sans vouloir me donner le bénéfice du doute et refusant d’analyser les causes d’une telle action à mon égard, vous exigiez, au nom de la bonne gouvernance, que je me démette pour trois mois de toutes mes fonctions à l’intérieur du groupe, ce que j’ai fait. » À cette époque, Thierry Lagesse occupait les fonctions de président du groupe GML, soit GML Investissement, GML Ineo, IBL, UBP, Alteo et BlueLife.
 Thierry Lagesse revient également sur son arrestation à son arrivée au Sir Seewoosagur Ramgoolam International Airport et « la mise en prison comme un vulgaire malfaiteur sans qu’aucune voix du groupe ne s’élève pour me défendre, tout au moins pour m’accorder le bénéfice de la présomption d’innocence. » Il ne ratera pas l’occasion de mettre à l’index le Directeur des Poursuites Publiques et la police « avec un dossier vide et juridiquement mal ficelé. » « Une fois encore, pendant les trois années qu’a duré l’instruction de cette parodie de procès, personne de la famille ne s’est fait entendre pour me soutenir », regrette-t-il, en soulignant que « durant toutes ces années, vous m’avez tenu à l’écart, faisant table rase de mon apport pendant près de 30 années à la bonne marche de notre groupe familial. »
«Que comptez-vous faire pour me rendre mon honneur?»
 Suite à son acquittement par la Cour intermédiaire dans cette affaire de grosse cylindrée, Thierry Lagesse trouve qu’ « aujourd’hui enfin justice m’est rendue. Alors je vous le demande: que comptez-vous faire pour me rendre mon honneur que vous m’avez bafoué et me rendre mes responsabilités dont vous m’avez injustement privé ? »
 Mais cette demande s’est heurtée à une porte blindée quasiment en acier chez IBL Ltd. La réaction n’a pas tardé et a pris la forme d’un communiqué signé par Jan Boullé, président du conseil d’administration d’IBL Ltd. D’abord, ce dernier met en avant le fait que suite à une fusion de GML Investissement Ltée et d’Ireland Blyth Ltd est née IBL Ltd, entreprise cotée sur le marché officiel de la SEM.
 « Cette nouvelle entité s’est dotée d’un nouveau conseil d’administration, voté à l’unanimité des actionnaires présents lors des assemblées spéciales de GML Investissement Ltée et Ireland Blyth Limited tenues le 14 juin 2016 dans le cadre de l’approbation de l’amalgamation », fait-il comprendre, en ajoutant que « lors du premier conseil d’administration d’IBL Ltd qui s’est tenu le 4 juillet 2016, un nouveau président a été nommé et les divers comités — audit et risques, gouvernance incluant nominations, rémunérations et enfin un comité stratégique — ont été constitués et émanent de ce conseil d’administration, si bien que toutes les instances de la gouvernance d’IBL Ltd sont en place et fonctionnent. »
 En conclusion, Jan Boullé note que « le conseil d’administration d’IBL Ltd est le garant d’une gouvernance irréprochable. À cet effet, il respecte les critères de gouvernance en vigueur à Maurice et aspire à en être un exemple au niveau régional et international. »
Affaire à suivre !