La Stock Exchange of Mauritius Ltd (SEM) a annoncé ce matin une réduction conséquente des frais de courtage sur toutes les transactions boursières opérées sur le marché officiel aussi bien que sur le second marché (Development & Enterprise Market) dans la limite du cycle de règlement des échanges ce afin d’accroître le volume de transactions. Ainsi, les frais de courtage sur des transactions multiples menées pendant le délai prescrit passeront de 1,25 % à 0,15 % de la valeur totale des transactions. De même, pour des opérations semblables effectuées sur une obligation émise par une entreprise cotée sur le marché, les frais de courtage seront ramenés de 0,60 % à 0,10 %.
Pour la direction de la SEM, cette nouvelle structure de frais de courtage devrait contribuer au développement d’une activité plus intense sur le marché boursier et aider à l’émergence d’un groupe de « day-traders » comme on peut en voir dans les grands marchés des pays émergents ou développés. « Nous nous attendons à ce que cette nouvelle mesure débouche sur l’accroissement du volume des échanges boursiers quotidiens et sur le renforcement d’un trading plus actif tout en améliorant la liquidité sur le marché », a déclaré Sunil Benimadhu, Chief Executive de la SEM, lors d’une conférence de presse. « Nous croyons que cette nouvelle structure de frais de courtage va renforcer la position de la SEM en tant que plateforme attrayante pour la cotation, l’échange de titres et la levée de capitaux pour les entreprises tant au plan local que régional voire international ». Il est également d’avis que la baisse des frais sur les transactions concernant les obligations d’entreprise va inciter à l’investissement dans ce type de valeur boursière. « It also potentially enhances the scope of further listings of corporate bonds on the SEM, setting the stage for the development of an attractive secondary market for corporate bonds ».
Sunil Benimadhu a donné des exemples concrets de l’impact de la nouvelle structure de frais de courtage sur des transactions boursières effectués pendant le cycle de règlement (soit dans un délai de deux jours suivant l’achat ou la vente d’un titre). Ainsi, pour un investisseur qui achète 1 000 actions d’une compagnie à Rs 100 le premier jour et qui décide de revendre, le lendemain, 700 de ces actions dans le but de prendre avantage de la montée du cours de l’action à Rs 103, les frais de courtage seront réduits de 72,7 %. La direction de la SEM a observé que l’évolution des cours quotidiens de différentes valeurs du marché est suffisamment grande pour que les investisseurs puissent en prendre avantage à travers ce qu’elle appelle les « turnaround trades » et ce grâce à la baisse des frais annoncée. « The significant reduction of 88 % of the total brokerage fee from 1,25 % to 0,15 % on turnaround trades is expected to increase the volume of transactions on the SEM over time », a fait ressortir Sunil Benimadhu.
Campagne éducative
Du côté des sociétés de bourse, on est conscient qu’une campagne éducative doit être organisée auprès des investisseurs afin qu’ils soient sensibilisés aux opportunités des « turnaround trades » et de la baisse des frais de courtage qui y est associée. Le président de la Port-Louis Stockbroking Association, Kamlesh Ramjee, a indiqué que cette campagne a déjà démarré.
La révision des frais de courtage cadre avec le programme de réformes introduites depuis 2010 par la SEM en vue de rendre la plateforme boursière mauricienne plus attirante, d’élargir la palette de produits ou valeurs cotés, d’internationaliser le marché et de prendre avantage d’un secteur du global business en croissance pour créer des synergies et aussi pour renforcer la stratégie nationale ciblant le continent africain. Le Chief Executive de la SEM a fait état des diverses initiatives prises ces dernières années : mise en place d’un cadre compétitif pour attirer, entre autres, les fonds globaux, les obligations spécialisées, les produits structurés, les Exchange Traded Funds, les compagnies minières de taille moyenne. Il a aussi parlé de la possibilité de coter et de faire des transactions sur des valeurs en différentes devises (dollar, livre sterling, euro et rand sud-africain) et des efforts pour inciter des sociétés africaines à utiliser la plateforme boursière.
Les retombées du programme de réformes de la SEM ont été multiples, a observé Sunil Benimadhu. La Bourse a accueilli 28 nouvelles valeurs depuis 2010, des capitaux frais de l’ordre de Rs 31,2 milliards ont été levés sur le marché officiel aussi bien que sur le DEM, la capitalisation du marché en pourcentage du Produit Intérieur Brut est passé à 76 %, soit le taux le plus élevé en Afrique subsaharienne si l’on exclut l’Afrique du Sud. « Il y a de nouvelles valeurs internationales qui souhaitent être cotées sur le marché mauricien », a-t-il annoncé.
La nouvelle structure de frais de courtage sur les turnaround trades sera introduite vers fin novembre/début décembre alors que dans le cas des obligations émises par des entreprises, la Bourse attend que la Financial Services Commission annonce de nouveaux règlements.