Guy Bazerque a pris sa retraite en tant que secrétaire administratif de l’Association mauricienne de boxe (AMB). Depuis le 30 décembre dernier, celui qui peut être considéré comme le doyen du noble art local a fait ses adieux à une discipline qu’il a servi pendant plus de quarante ans. Et ce, en tant que membre de la Commission de boxe de la Mauritius Sports Association (MSA), un des membres fondateurs et secrétaire de l’Association mauricienne de boxe amateur (AMBA) et juge-arbitre international. A 77 ans, celui connu affectueusement comme Ton Guy aspire ainsi à une retraite bien méritée.
Même si Guy Bazerque s’est fait connaître de par son dévouement à la boxe, sa passion première aura été le football. Entraîneur de Saint-Georges et de Joinville, soit deux équipes de Rose-Hill, il a eu sous sa coupe l’ancien arbitre international, Alain Lim Kee Cheong et l’actuel député, Franco Quirin. Par la suite, au Plaisance Boxing Gym, en tant que membre puis comme secrétaire, il côtoie des pugilistes qui se font graduellement un nom dans cette discipline à travers le populaire Boxing in Studio retransmis des studios de la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC). Ces pugilistes se nomment Jean-Claude Nagloo, Georges Marisson, Pierre Raynald, Joël Balisson, Renaud L’Olive et Clifford L’Eveillé. Ces contacts lui permettent ainsi d’être le représentant de Rose-Hill au sein de la Commission de boxe de la MSA. A ses côtés, siègent alors quelques dirigeants de renom, dont feu Francis Wai Choon, feu Serge Henry jr, Rajoo Chetty et Moorli Gujadhur.
Sapeur pompier, Guy Bazerque prend ses distances de cette discipline à l’amorce des années 80, suite à un désaccord concernant une sélection en partance pour l’île de la Réunion. Toutefois, avec la promulgation du premier Sports Act en 84, il retrouve ses anciens compagnons d’armes, tels que Francis Wai Choon et Joël Balisson, pour fonder l’AMBA. Secrétaire de cette fédération, il accèdera au poste de secrétaire administratif en 97, suite à sa retraite comme soldat du feu. Un poste où il a fait montre de dévouement, malgré le poids des ans et quelques coups sous la ceinture qu’il estime avoir subi. Cependant, il n’a jamais jeté l’éponge. «J’ai toujours donné un sens de responsabilité et de discipline à ma vie», confie ce père de deux enfants et grand-père de deux petites filles, Mégane et Madison.
Reste qu’il soutient qu’un de ses meilleurs souvenirs demeure sa prestation en tant que juge-arbitre lors de la President’s Cup aux Philippines. «J’étais le seul Africain du groupe, et le responsable des juges-arbitres, d’origine pakistanaise, m’avait félicité publiquement. Ma prestation sur le ring l’avait impressionné et il avait affirmé que j’étais comme un policier qui dirigeait le traffic». Désigné deuxième meilleur arbitre de la compétition, Guy Bazerque recevra une chaîne assortie d’un gant de boxe du Chinois qui avait obtenu la première place. Reconnaissant envers l’ancien Directeur Technique National, Frankie Le Sage, de l’avoir encouragé dans cette voie, il a ainsi pu officier en Italie, aux Seychelles, au Maroc et en Afrique du Sud entre autres. Ce sera d’ailleurs dans ce dernier pays qu’il sera promu au rang d’arbitre juge international.
Sa présence sur et hors du ring lui a ainsi permis de côtoyer les boxeurs de différentes générations. Toutefois, il soutient que plusieurs boxeurs ont marqué leur époque. «Nous avons connu Jerry Mortimerdo, puis Richard Sunee, Giovanni Frontin, Bruno Julie, Riaz Durgahed, et maintenant les frères Colin et Kennedy St Pierre. La boxe, malgré ses hauts et ses bas, a toujours été en constante évolution». Et d’ajouter avec satisfaction. «Elle a surtout permis à des jeunes de milieux défavorisés de s’exprimer».
Une page de sa vie s’est donc tournée. Comment s’annonce cette retraite tant méritée ? A cela, le septuagénaire aux yeux gris rieurs, hausse les épaules. «On verra bien», lâche-t-il tout simplement. Toutefois, celui qui avoue avoir été toujours guidé par l’amour du travail ne pourra demeurer inactif. Ce ne sera guère étonnant de le voir un de ces jours au Centre de boxe à Vacoas pour retrouver cette atmosphère qui l’a tant marqué…..