Après l’amère expérience des derniers Jeux des îles, marquée par des décisions arbitrales prêtant à controverse, les boxeurs mauriciens ont remis le coeur à l’ouvrage. Et ce, en retrouvant le chemin de l’entraînement, ce matin.
La préparation est désormais enclenchée en vue des Jeux d’Afrique prévus au Mozambique le mois prochain, mais il n’en demeure pas moins que l’épisode douloureux vécû aux Seychelles la semaine dernière, ne s’estompera pas de sitôt. Comme l’attestent d’ailleurs les propos du Directeur Technique National, Jean-Claude Nagloo qui préconise comme unique solution la présence d’arbitres-juges neutres.
Forts de leur prestation aux derniers championnats d’Afrique, marquée par trois médailles d’or et une d’argent, les boxeurs mauriciens étaient destinés à se retrouver aux premières loges au cours de cette compétition régionale. Toutefois, à l’arrivée, rien que deux médailles d’or acquises par l’entremise de Ludovic Bactora et Richarno Colin. Jean-Claude Nagloo n’hésite pas à parler de «complot». «Au départ, notre obejctif était d’obtenir au minimum cinq médailles d’or. Mais voilà, tout a été accompli afin que Maurice ne puisse terminer à la première place. D’ailleurs, les cinq juges des Seychelles n’étaient ni de niveau continental et encore moins de niveau international»., avance-t-il.
Reste qu’avant l’entame de la compétition, la partie mauricienne avait protesté contre cet état de faits en arguant auprès du délégué technique, à savoir le Sénégalais Lamine N’Dyad, que la présence de juges-arbitres neutres étaient primordiale. Il était alors question que des officiels indiens, sud-Africains ou kenyans soient sollicités. Toutefois, il semblerait que les démarches n’auraient pas abouti. Conséquemment, avec des décisions beaucoup plus justes, Rodney Prosper et Danilo Gaspard auraient logiquement du obtenir leur visa pour la finale. D’autant qu’ils menaient jusqu’à quelques secondes de la fin. Le même scéanrio s’est produit lors des finales, et c’est ainsi que Olivier Lavigilante, Bruno Julie ou encore John Colin et Kennedy St. Pierre en ont fait les frais.
D’où la grosse colère de Jean-Claude Nagloo. «Beaucoup d’espoirs avaient été placés en nous et le gouvernement avait également investi au niveau de la préparation. Les boxeurs se sont donnés à fond, mais il faut comprendre qu’ils ne sont pas des machines. Que peuvent-ils faire si leurs coups ne sont pas comptabilisés?». Amer et frustré, il enchaîne: «Nos boxeurs sont reconnus au niveau international. Ils ont fait leurs preuves à plusieurs reprises et voilà qu’ils sont ainsi humiliés. Il n’y a eu aucun respect pour ces boxeurs de haut niveau, et je considère que c’est une véritable honte pour la fédération seychelloise». Après les événements des Jeux des îles de 2007 marqués également par un arbitrage maison, le DTN évoque comme solution. «Il faut absolument des juges-arbitres neutres afin d’éviter toute controverse». Il pousse même jusqu’à l’extrême «Si cette situation perdure, je me demande si la boxe doit encore avoir sa place aux Jeux des îles. Sinon, nous ferons confiance à notre deuxième équipe».
La page des Jeux des îles étant maintenant tournée, les boxeurs mauriciens remettent l’ouvrage sur le métier. Il s’agira de remettre le moral à neuf et de bénéficier de la meilleure préparation possible en vue de l’objectif à court terme que sont les Jeux d’Afrique. Dans cette optique, la sélection du Botswana est attendue la semaine prochaine. «La machine est mise de nouveau en marche et les séances d’entraînement se dérouleront au rythme de deux fois par jour. Nous comptons être représentés par huit éléments au cours de cette compétition continentale», affirme Jean-Claude Nagloo. Quoiqu’il en soit, ce dernier est toujours animé d’un certain sentiment de revanche. «Nous attendons les Seychellois de pied ferme. En cas de confrontation directe lors du tirage au sort, nous saurons alors où se trouve la vérité». Les Jeux d’Afrique auront donc un goût particulier pour nos pugilistes.