Hormis quelques rares éclaircies, la boxe mauricienne n’a pas été à la hauteur des espoirs placés en elle la saison dernière. Le non-renouvellement du contrat de Jean-Claude Nagloo en tant que directeur technique national (DTN), l’incapacité d’organiser les championnats d’Afrique Elite sur notre sol, l’absence de résultats lors des compétitions d’envergure et une conférence de presse de triste mémoire : autant de faits qui ont donné une image négative à cette discipline, pourtant habituée à des exploits, et non des moindres, au cours de ces dernières années. Autant dire qu’il s’agira de redorer le blason à l’approche des échéances telles que les Jeux du Commonwealth et, à plus long terme, des Jeux des îles.
Beaucoup d’espoirs avaient été placés en ce nouveau comité directeur institué en mars de l’année dernière. Plus jeune président d’une fédération sportive à Maurice, Pascal Telvar prenait ainsi le relais à Rajiv Rajcoomar. Au sein du comité se trouvaient neuf techniciens sur les onze membres élus. Il n’aura finalement fallu que 55 jours pour que la situation dégénère.
Au cours d’une conférence de presse, marquée par des règlements de comptes à l’encontre de Jean-Claude Nagloo, Pascal Telvar se permettait de faire la leçon aux membres de la presse : « Zournalis bizin konn ekrir pli vit. » Quelques jours auparavant, la porte de sortie avait été indiquée à Nagloo. Voilà le traitement pour le moins cavalier infligé à quelqu’un qui avait consacré plus de cinquante ans de sa vie à la boxe et qui avait conduit plusieurs puglistes à des sommets.
Comme pour prouver que la boxe avait perdu de sa crédibilité, les championnats d’Afrique prévus à Maurice en septembre dernier devaient être annulés. Dans un courrier, l’Association mauricienne de boxe (AMB) expliquait cette annulation par l’absence de commanditaires et d’un manque de fonds spécial du ministère de la Jeunesse et des Sports, et une faible participation étrangère. Force est de constater que l’Association mauricienne d’athlétisme avait pu recueillir une somme conséquente pour abriter les championnats d’Afrique juniors pratiquement à la même période et que les championnats d’Afrique ou la Coupe d’Afrique des Nations se sont déjà déroulés à Maurice avec un nombre très moyen d’équipes étrangères.
Du côté des performances, les Mauriciens ont pu tirer leur épingle du jeu rien que lors des compétitions régionales, soit à la Coupe de l’océan Indien avec les médailles d’or décrochées par Ludovic Bactora, Yannish Hurpersad, John Colin, Jean-Luc Rosalba, Cédric Olivier et Richarno Colin, et au Tournoi international de Rodrigues où les cinq premiers nommés étaient de nouveau en évidence. Par contre, ils n’ont pas fait long feu au China Open, à la Chemistry Cup et aux championnats du monde Elite. Il est à noter qu’en vue de cette dernière compétition, les Botswanais et Kenyans étaient en camp d’entraînement à Maurice.
La boxe mauricienne pourra-t-elle offrir un visage plus reluisant cette saison ? Un des défis sera de se montrer conquérant aux Jeux du Commonwealth en juillet-août prochain. Une compétition où les représentants locaux, à l’image de Richard Sunee, Michael Macaque, Giovanni Frontin, Bruno Julie et Richarno Colin, se sont retrouvés sur le podium lors des précédentes éditions.
Afin d’aborder cette compétition dans les meilleures conditions, Richarno Colin se trouve actuellement en stage à Rouen (France), alors que plusieurs sorties internationales sont programmées, notamment la Bocksai Cup, les championnats de la zone 4 d’Afrique, les championnats du Commonwealth, le China Open et la Coupe d’Afrique. Les plus jeunes ne seront pas en reste, avec la tenue des championnats du monde et d’Afrique Youth, de même que du Tournoi de la CJSOI.
Au niveau local, l’organigramme, annoncé en grande pompe lors de cette fameuse conférence de presse n’a jamais été officialisée. Il n’empêche que les dirigeants de l’AMB ne cachent pas leur satisfaction devant le travail accompli au niveau des commissions arbitres-juges, technique et disciplinaire. Cette saison, ils comptent innover avec l’introduction de la boxe de proximité, la relance de la discipline dans les institutions secondaires et la tenue des finales des championnats nationaux Elite et jeunes dans des endroits très fréquentés. Autant de bonnes résolutions pour tenter de redorer le blason de cette discipline. Reste maintenant à les concrétiser.