Indiren Ramsamy

La compétition de boxe aux 10e Jeux des Iles de l’océan Indien, prévue pour l’année prochaine (19 au 28 juillet) à Maurice, aura bel et bien lieu. La décision du comité international olympique (CIO) de geler le tournoi de boxe des prochains Jeux olympiques de 2020, à Tokyo au Japon, n’ayant aucune incidence sur cette compétition. En revanche, les boxeurs sont eux dans le flou, dans la mesure où une enquête est en cours et que ce n’est qu’en juin 2019 que le CIO fera part des retombées dans cette affaire.

La nouvelle qui est tombée vendredi après-midi a eu l’effet d’une bombe, pour la communauté pugilistique mondiale. Le CIO a pris la décision de suspendre le tournoi de boxe des prochains JO de 2020. Une décision qui fait suite aux nombreuses contestations, lors des finales des JO de 2016 à Rio au Brésil et qui avait forcé l’Association internationale de Boxe (AIBA) à sanctionner 38 officiels et arbitres. De plus, la récente élection du très contesté Gafu Rakhimov, accusé d’entretenir des liens avec le crime organisé, à la tête de cette fédération a compliqué davantage les choses.

Décision en juin 2019
Un communiqué émanant de la Commission exécutive du CIO a d’ailleurs été publié vendredi indiquant : « Les contacts officiels entre l’AIBA et le Comité d’organisation de Tokyo-2020, les ventes de billets, l’approbation et la mise en place du système de qualification, la planification des tests
et la finalisation du programme de compétition sont suspendus avec effet immédiat »

Il n’empêche que cette décision n’aura logiquement aucune incidence sur l’organisation de la compétition en boxe des prochains JIOI. Car le CIO n’a pas le pouvoir de s’ingérer dans les affaires internes d’une fédération internationale. L’assemblée générale de l’AIBA ayant l’autorité suprême, peut décider de ce qui est bon ou pas pour ses associations nationales. Contacté hier matin, le président de l’Association mauricienne de Boxe, Indiren Ramsamy, s’est dit inquiet par rapport à cette décision du CIO, mais est tout de même soulagé que l’organisation du tournoi de boxe aux JIOI n’est pas remise en question. « Au cas contraire, cela aurait constitué un véritable coup de massue pour nos boxeurs », déclare-t-il.
Rakhimov élu malgré la contestation.

En revanche, a-t-il précisé, la décision du CIO de geler le tournoi aux JO de Tokyo est plus qu’inquiétante. « Avec la suppression des bourses olympiques, la situation était déjà critique. La décision de suspendre maintenant le tournoi aux JO complique davantage la situation. Espérons que le bon sens primera et que l’intérêt des boxeurs soit rétabli à l’heure où le CIO fera part des retombées de l’enquête en juin de l’année prochaine », fait-il remarquer. Indiren Ramsamy trouve aussi dommage qu’une discipline historique comme la boxe se retrouve aujourd’hui, dans une impasse par rapport aux erreurs commises par la hiérarchie de la boxe internationale. « C’est dommage que ce soit les boxeurs qui paient les pots cassés », souligne-t-il.

Le président de l’AMB a aussi déploré la façon dont les dernières élections de l’AIBA ont été organisées. « Gafur Rakhimov a été élu président de l’AIBA malgré toute la contestation qu’il y a eu autour de lui. Sans oublier qu’il est interdit de visite dans plusieurs pays. En revanche, lorsque je suis arrivé à Moscou pour les élections, j’avais l’impression que la course à la présidence avait déjà été courue d’avance », fait-il ressortir.

Pour conclure, Indiren Ramsamy dit espérer qu’une solution soit vite trouvée en marge des JO de 2020. D’autant, a-t-il précisé, que c’est le rêve de tout sportif de participer aux Jeux olympiques. « Nos boxeurs ont déjà entamé une longue préparation en vue des Jeux de Tokyo. Ils sont tous déterminés à aller chercher une qualification olympique.

Malheureusement, on se retrouve dans le flou, suspendue à une décision qui tombera en juin prochain. C’est le monde entier de la boxe qui est en suspens et ce n’est pas bien pour la discipline », conclut-il.