Le procès que le ministère public intente à Cehl Meeah a débuté ce matin. Le député et leader du Front Solidarité Mauricien est accusé de complot, dans le sens où il se serait entendu avec deux autres personnes dans le braquage d’une bijouterie. L’audience du jour a été marquée par la déclaration d’un des témoins de la poursuite, Ramantoolah Hossen, qui est venu soutenir que tout ce qu’il a dit dans sa déposition impliquant l’accusé est faux.
« Cette déposition a été fabriquée par la bande à l’ex-CI Raddhoa, qui m’avait forcé à la signer », a allégué le témoin. Il a laissé entendre qu’il a été victime de brutalité policière, ajoutant qu’un médecin avait recommandé qu’il soit admis à l’hôpital mais que les policiers avaient refusé.
Me Abdool Raheem Tajoodeen, du State Law Office, a fait remarquer au témoin que sa déposition a été enregistrée sur vidéo, ce qui implique que la Cour peut la visionner pour constater dans quelle mesure ce qu’il avance est vrai. Ramantoolah Hossen a alors déclaré qu’il faut demander aux enquêteurs où ils l’avaient emmené auparavant et ce qu’ils lui avaient fait subir. « Apre sa zot finn ekrir lor en papye ki zot fine remet mwa. Mo nek finn signe », a soutenu le témoin.
Devant l’attitude du témoin Hossen, l’avocat de la poursuite a demandé un renvoi du procès à ce stade dans le but de faire connaître sa position, en se réservant le droit de le rappeler à nouveau.
Après consultations entre les avocats des deux parties, la magistrate Renuka Devi Dabee a ajourné les travaux du procès au mercredi 7 mars. L’accusé est défendu par Me Raouf Gulbul.
Le braquage de la bijouterie Bijoulux, qui se trouve dans la capitale, a eu lieu le 22 septembre 2006. La police a tout de suite pensé qu’il s’agissait d’un acte effectué par la bande qui à l’époque était connue comme « l’escadron de la mort ». Selon les renseignements obtenus par les enquêteurs, Cehl Meeah aurait reçu une partie des recettes du braquage.