Des rebondissements de taille sont intervenus sur l’enquête de la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Nord sur le braquage commis à la State Bank of Mauritius (SBM) de la rue Royale en février dernier, avec l’arrestation de Maheshwaree Shibchurn (39 ans), épouse du récidiviste Vishal Shibchurn. Un fusil de calibre 12 mm, treize cartouches, 36 plants de cannabis et des bijoux ont été saisis chez elle à St-Hubert. Depuis tard hier soir, la suspecte a été soumise à un interrogatoire serré par les hommes du surintendant Bansoodeb, durant lequel elle a nié toute connaissance de ce vol.
Après l’arrestation de plusieurs suspects en mars, quand une infime partie du butin de Rs 4 M a été récupérée, la police multipliait les initiatives pour retrouver le reste. Au cours de son interrogatoire, Falyad Peerbux, 31 ans, un de suspects arrêtés dans cette affaire, avait déclaré que le gang derrière ce braquage avait mis le cap sur le sud de l’île pour partager l’argent. La police a fait des descentes ces dernières semaines dans cette partie de l’île, mais sans succès. Mais, l’affaire a été relancée en avril lors d’une descente par la CID de Mahébourg menée par le sergent Goodur, dans la plantation d’un trentenaire à Grand-Bel-Air. En fouillant une parcelle de terre, la police est tombée sur 33 balles : 22 cartouches de 7,7 mm de la marque Buch, cinq balles Remington de 7 mm, cinq balles de Winchester de 7 mm et une cartouche Express Remington. Les limiers ont également saisi une cagoule et un federal steamer, entre autres. Les enquêteurs estiment que ces objets ont été utilisés dans des délits criminels dont des braquages. Ils ont alors travaillé en collaboration avec la CID de Port-Louis Nord, qui soupçonne un “gang du Sud” d’avoir participé au braquage de la SBM.
En se basant sur certaines informations, la police a fait une descente au domicile de Vishal Shibchurn – qui est connu pour sa proximité avec cette bande – mardi après-midi, avec l’appui du Groupement d’Intervention de la Police Mauricienne (GIPM), la Special Supporting Unit (SSU), la Bomb Disposal Unit, des soldats de la Special Mobile Force (SMF), la Dog unit et le MARCOS. À l’arrivée des policiers, son épouse a tenté de se débarrasser des cartouches. Mais, elle a été stoppée et la police a fouillé sa maison en sa présence et celle de son fils de 16 ans. Après la saisie de plusieurs objets incriminants, elle a été emmenée dans les locaux de la CID de Port-Louis à Abercrombie où elle a déclaré ne rien savoir sur l’arme à feu, les balles et les plants de gandia saisis. Les enquêteurs soupçonnent que le couple a bénéficié d’une partie du butin de la SBM car ils ont noté dans leur maison la présence de plusieurs appareils électroménagers neufs. Maheshwaree Shibchurn a allégué que ce sont ses proches qui lui ont offert ces objets et les bijoux que la police a saisis. Or, les limiers disposent d’informations que le couple Shibchurn aurait blanchi l’argent de la SBM dans des courses hippiques. La suspecte a été placée en détention policière, tandis que son fils a été relâché hier soir. Maheshwaree Shibchurn est attendu en justice ce mercredi pour son inculpation provisoire. Dans la matinée, son époux était toujours recherché.
Par ailleurs, la police soupçonne que l’arme à feu saisie chez Vishal Shibchurn aurait été utilisée lors des incidents survenus à L’Escalier dimanche soir, où un groupe de personnes a tiré des coups de feu et saccagé deux maisons. Les enquêteurs estiment que le gang du Sud est derrière ces incidents.