Tout en faisant la part belle aux incitations pour une meilleure préservation de l’environnement, la Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) a réitéré cette année, entre autres, sa proposition pour l’institution d’un Portable Severance Allowance Fund pour les travailleurs du secteur privé.
Un salaire minimum de Rs 12 000, une révision des nouvelles lois du travail visant à mieux protéger les travailleurs, l’institution d’un National Tripartite Forum ayant force de loi, une contribution des ménagères au National Pension Fund, afin de pouvoir bénéficier d’une pension à 60 ans, et l’aménagement de crèches partout dans l’île sont les autres propositions budgétaires de cette confédération syndicale.
Si l’institution d’un Portable Severance Allowance Fund est acceptée par le gouvernement, d’ici janvier prochain, les quelque 350 000 travailleurs du secteur privé pourront bénéficier d’une Severance Allowance à leur retraite.
Selon cette formule, le paiement d’une Severance Allowance ne sera pas lié à la fin d’un contrat de travail, mais aux heures de travail effectuées. « C’est un dû pour lequel le travailleur a déjà travaillé, qu’il soit salarié, à temps partiel, étranger ou sur contrat », explique la CTSP. Ainsi, chaque employeur sera appelé à verser dans ce fonds un jour de salaire pour chaque mois de travail d’un employé. Ce dernier peut ainsi changer successivement d’employeurs sans pour autant perdre ses acquis. À sa retraite c’est le fonds qui lui paie sa Severance Allowance. Pour la CTSP, puisque celle-ci est proportionnelle aux salaires de l’employé, ce dernier sera encouragé à gagner plus, et le patron n’aura aucune raison de chercher des « raisons bidon » pour le licencier, puisque c’est le fonds auquel il contribue, bon gré mal gré, qui paie.
L’introduction d’un salaire social minimum (minimum social wage) de Rs 12 000 par mois, l’institution d’un National Tripartite Forum ayant force de loi à travers d’adoption d’un projet de loi à l’Assemblée Nationale sont les autres propositions budgétaires, entre autres, de la CTSP. « Un National Tripartite Forum ayant force de loi va consolider le dialogue social, qui est jusqu’ici un slogan creux », explique la confédération syndicale sous la signature de Jane Ragoo (présidente) et Reeaz Chuttoo (secrétaire).
Dans le domaine de l’environnement, la CTSP réclame un subside de Rs 10 000 pour l’achat d’un chauffe-eau solaire, et Rs 20 000 pour celui d’une éolienne ou des plaques photovoltaïques ; six gallons de peinture pour chaque famille habitant dans une maisons EDC où il y a de l’amiante ; l’introduction du métro léger ; la création d’espaces verts au Champ-de-Mars suite à la délocalisation de l’hippodrome ; et dans les autres villes et villages, des jardins communautaires dans les terrains privés laissés à l’abandon.
Réforme du NRB
La CTSP réclame des discussions sur la mise sur pied d’un mécanisme pour déterminer le montant d’une compensation salariale annuelle pour indemniser la baisse du pouvoir d’achat du travailleur mauricien, et qui prendrait en considération le minimum social wage.
Elle demande également une révision de l’Employment Rights Act et de l’Employment Relations Act pour protéger les travailleurs plutôt que les patrons « comme à présent » ; une retraite optionnelle à 60 ou 65 ans, tout en pouvant bénéficier du paiement de la pension de retraite à partir de 60 ans ; une réforme du National Remuneration Board (NRB) pour le rendre plus indépendant et pour que les Remuneration Orders soient revus tous les cinq ans ; et là où il n’y a pas de négociations sectorielles entre le syndicat et les employés, que l’accord collectif négocié soit étendu à tous les employés de ce secteur, incluant également des travailleurs étrangers et les casual workers.
La fédération réclame que les travailleurs puissent bénéficier du service gratuit d’un homme de loi devant la cour industrielle ; que les lois du travail soient amendées pour que la Severance Allowance à la retraite soit calculée sur les salaires et les heures supplémentaires.
La CTSP propose des mesures pour soutenir les Mauriciennes : que les ménagères puissent contribuer au National Pension Fund (NPF), afin de pouvoir bénéficier d’une pension à 60 ans, et l’aménagement de crèches gouvernementales partout dans l’île, avec une formation pour celles qui voudraient s’occuper des bébés.
Dans le domaine de l’éducation, la CTSP fait les suggestions suivantes : que les employés des écoles spécialisées soient couverts par le NRB et que ces écoles soient gratuites ; la construction de nouveaux campus universitaires avec l’accent sur les sciences et la médecine ; que les fees du SC et du HSC soient payés par le gouvernement ; la réglementation des livres scolaires, la déduction de la taxe des frais d’examens et de leçons particulières ; l’éducation tertiaire gratuite ; que les employés du Loïs Lagesse Trust Fund soient couverts par le Pay Research Bureau (PRB).
Pour promouvoir la justice sociale, la CTSP préconise, entre autres, la création d’un Stabilizing Fund, à travers une taxe sur l’Offshore, 20 % de TVA sur les produits et services de luxe, et 50 % des revenus provenant des jeux. « Ce fonds sera utilisé pour s’assurer que les prix des produits et services de base soit stable, grâce à des subsides, malgré une augmentation des prix », explique la confédération.
La libéralisation de la télévision et la réforme de la MBC ainsi qu’une réforme du financement des partis politiques, et l’arrêt des subventions aux association socio-religieuses et la Legal Aid aux citoyens dans le besoin sont d’autres demandes de la CTSP.