À la suite de la présentation du Budget 2013 de Xavier-Luc Duval, les syndicats engagés dans le secteur public affichent leurs craintes et leurs déceptions. La Fédération des syndicats du secteur public (FSSP) reproche entre autres au ministre des Finances de ne pas avoir attaqué les problèmes mis en lumière par le directeur de l’Audit, et réclame un exercice scientifique sur les impacts de la politique de « curtaining government expenditure ». De son côté, la Fédération des syndicats du Service Civil (FSSC) a dressé une liste regroupant les grands absents, les points négatifs, les mesures palliatives et les fantasmes de ce Budget 2013.
Le président de la Fédération des syndicats du secteur public (FSSP), Rashid Imrith, retient de son analyse sur les budgets, le fait que ces dix dernières années ont été principalement marquées par une politique continue de « curtaining government expenditure. Cette politique donne lieu à une série d’irrégularités qui n’est nullement orientée vers la bonne gouvernance, mais plutôt vers la fraude et la corruption », fait ressortir Rashid Imrith à Week-End.
La FSSP fustige cet exercice budgétaire qualifié de « business as usual », compte tenu du fait, selon elle, qu’aucun moyen n’a été mis à disposition pour améliorer les performances du secteur public et des corps para-étatiques. « Nous avons l’impression que ce Budget a été élaboré pour détériorer les services offerts par la fonction publique. Si nous continuons avec cette politique, le rapport de l’Audit sera très sévère ! » met en garde le syndicaliste, faisant comprendre que le directeur de l’Audit attire annuellement l’attention sur le non respect des procédures.
D’autre part, Rashid Imrith fait ressortir que la politique de « contract out » des services publics à des entreprises privées cause énormément de tort au service public, et qu’« at the end of the day », c’est la population qui en fait les frais.   « Le plus grand perdant, c’est la classe moyenne. Le gouvernement vient reprendre avec la main gauche ce qu’il a donné de la main droite lors du PRB. Nous nous attendions à une révision de la politique fiscale et à des changements sur l’Income Tax, mais pas de changement à constater », poursuit le syndicaliste.
Cependant, la FSSP trouve un peu de réconfort en ce qu’il s’agit du sort de Rodrigues, avec les prix de certains produits fixés au même prix que ceux vendus à Maurice. Il salue également l’introduction des hot meals qui seront offerts aux élèves des écoles ZEP, et la distribution de 20 000 tablettes tactiles aux élèves de la Form IV.
De son côté, le président de la Fédération des syndicats du Service Civil (FSSC), Naraindranath Gopee, a tenu à établir une liste regroupant les absents, les points négatifs, les mesures palliatives et les fantasmes de ce Budget 2013. Parmi les « absents » du Budget de Xavier-Luc Duval, Naraindranath Gopee évoque l’introduction d’un salaire minimal national. « C’était une occasion en or d’instaurer un minimum socially acceptable salary. Mais Xavier-Luc Duval l’a complètement ratée. Toujours dans la catégorie des absents de ce Budget 2013 : le recrutement dans la fonction publique et les corps para-étatiques, les provisions pour une Green Mauritius et une réduction de la TVA », explique Naraindranath Gopee.
Abordant les points négatifs du Budget, Naraindranath Gopee pointe d’abord du doigt l’augmentation du prix des cigarettes et des boissons alcoolisées. « Cette mesure est légitime », soutient-il, tout en arguant que le gouvernement aurait pu imposer des augmentations sur les « very strong drinks », et ne pas appliquer le même taux d’augmentation aux boissons alcoolisées plus légères. Naraindranath Gopee dit par ailleurs avoir de grandes appréhensions quant à l’ouverture des accès aux étrangers. « Il y a des mesures qui donnent une ouverture aux étrangers pour devenir propriétaires à Maurice. C’est très dangereux, car nous sommes en train de vendre Maurice tout doucement. Et kouma etranze ena kas, zot pou aste tou !  La FSSC relève en outre des fantasmes dans le Budget 2013, soit la distribution de tablettes tactiles, les jeux inter-collèges et l’introduction de la fibre optique dans les établissements scolaires. « Ce même gouvernement avait, dans un récent exercice budgétaire, promis des ordinateurs portables aux collégiens. Rien n’a été fait jusqu’ici, et on vient leur promettre des tablettes ! Au sujet des jeux inter-collèges, nous pensons que le ministre des Finances n’est pas au courant des problèmes causés par de tels événements dans le passé », martèle Naraindranath Gopee.