L’amélioration de la pratique bancaire “treat your customer fairly” sera vraisemblablement une des priorités du Budget 2014 qui sera présenté par le VPM et ministre des Finances Xavier Luc Duval en novembre. Cette démarche a été jugée nécessaire à la suite d’un constat et des protestations répétées enregistrées au niveau du ministère.
« Avec le système de pénalités imposé actuellement par les banques, le montant modeste d’une dette impayée peut être décuplé en dix ans avec tout le drame que cela comporte pour une personne qui s’est retrouvée pour une raison ou une autre en difficulté », déplore-t-on au niveau du ministère des Finances.
Ainsi selon notre interlocuteur une somme impayée de Rs 200 000 peut à un certain moment, en tenant en compte les intérêts et le taux de la pénalité sur le capital et les intérêts, devenir une dette colossale de Rs 3 millions. « Ce qui est déplorable est qu’une personne peut s’être retrouvée en difficulté et ne soit pas en mesure de rembourser sa dette après avoir perdu son emploi, une maladie ou un accident qui l’a affectée physiquement au point d’être handicapée. Ou encore, une femme peut avoir perdu son mari. De plus, au moment où la banque soumet la réclamation et menace de prendre des mesures légales, la personne en question peut être à la retraite et voit subitement ses avoirs menacés de saisie. Tout cela met en difficulté des familles honnêtes », explique-t-on aux Finances.
« Il y a un travail à faire pour voir comment introduire un plafond qui pourrait être deux ou trois fois la somme impayée. Peut-être qu’il faudrait éliminer les penalty fees et maintenir le taux d’intérêt au niveau de celui du Repo Rate ».
Le ministère des Finances entreprend actuellement une étude sur la situation à Maurice et sur la pratique en cours à l’étranger afin de traiter au plus vite ces cas.
Actuellement, il est dans l’intérêt de la banque de laisser la dette s’accumuler, surtout qu’elle peut toucher des intérêts assez élevés. Le ministère des Finances a annoncé qu’une étude sera effectuée sur la vente à tempérament également. Il faut fixer une limite au-delà de laquelle la dette ne peut être accumulée et revoir le système de taux d’intérêt et de pénalité, insiste-t-on.