Grâce à une gestion économique saine, l’île Maurice a pu éviter une politique d’austérité pendant la période de crise globale de ces dernières années, a déclaré le vice-Premier ministre et ministre des Finances Xavier-Luc Duval. C’était lors de son intervention à un Budget Breakfast organisé par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC) au Hennessy Park Hotel, Ébène, et auquel étaient conviés un grand nombre d’opérateurs économiques. Pendant environ une heure et demie, Xavier Luc Duval s’est prêté au jeu de questions-réponses apportant des éclaircissements sur des mesures annoncées dans le Budget 2013 présenté vendredi et s’expliquant sur sa vision du développement économique du pays. Le Grand argentier s’est dit confiant qu’un taux de croissance de 4 %, comme annoncé dans le discours du budget, est réalisable en 2013. Il s’est dit ouvert à la mise en place d’une structure de dialogue tripartite (gouvernement-Air Mauritius-hôteliers) pour trouver des solutions aux problèmes touchant l’industrie touristique.
« Notre rôle est de doter le pays d’une gestion économique qui aide le secteur des affaires à prospérer », a déclaré d’emblée le vice-Premier ministre et ministre des Finances. Faisant état des grands paramètres du Budget 2013, Xavier-Luc Duval s’est surtout appesanti sur l’accélération du programme d’investissements publics avec une progression d’environ 20 % des dépenses par rapport à 2012, l’élargissement de l’espace économique avec l’Afrique en point de mire, l’amélioration du climat des affaires, les incitations fiscales accordées au petites et moyennes entreprises, les réformes annoncées dans certains secteurs et les mesures sociales.
Le Grand argentier a fait ressortir que dans le Budget 2013 provision a été faite pour une dotation approchant les Rs 5 milliards portant sur l’application des recommandations salariales du Pay Research Bureau (PRB) dans la fonction publique et ce, tout en réduisant le déficit budgétaire à 2,2 % (2,5 % en 2012). Xavier-Luc Duval a de plus précisé qu’en relevant (de Rs 2 à Rs 4 millions) le seuil de revenus pour l’imposition des petites et moyennes entreprises, cela va coûter plusieurs dizaines de millions de roupies au fisc. S’agissant des infrastructures, il a fait mention d’une enveloppe de Rs 28,6 milliards à être investie en 2013. Il s’est dit confiant que l’économie mauricienne est en mesure de réaliser un taux de croissance de 4 % l’année prochaine.
« C’est à notre portée surtout si l’on tient compte de la résilience affichée jusqu’ici par notre économie », a déclaré le ministre des Finances au Mauricien. Il pense que les services financiers, le tourisme, le sucre et la construction vont contribuer à une croissance plus ferme en 2013. Répondant à une question d’André Bonieux, Senior Partner chez PwC, sur l’origine des pressions inflationnistes attendues en 2013 – selon une estimation officielle, le taux d’inflation s’élèverait à 6 % –, Xavier-Luc Duval a laissé entendre que les autorités font montre de prudence dans leurs prévisions et qu’il se pourrait que le taux soit inférieur à 6 %. Cependant, la hausse de l’inflation l’année prochaine pourrait en partie découler de l’effet PRB.