Adopter, ainsi que cela existe en Inde, la préparation des comptes mensuels des ministères afin que les dépenses se fassent comme il le faut. C’est ce que le député du MSM Mahen Seeruttun a demandé au ministre des Finances Xavier-Luc Duval, hier, lors des débats précédant le vote d’un budget supplémentaire de Rs 2 milliards à l’Assemblée nationale. Le député s’est par ailleurs demandé si cela ne relevait pas de la « provocation » que Rs 107 M aient été injectées dans l’acquisition de voitures et Rs 96 M dans des missions ministérielles « alors que des familles n’arrivent pas à nourrir leurs enfants ». XLD devait rétorquer que même quand il y a moins de dépenses, l’Opposition trouve à redire.
« Le budget 2012 devait apporter une croissance de 4%, la création d’emplois et réduire l’écart entre riches et pauvres », affirme Mahen Seeruttun. Or, dit-il, le pays est resté sur sa faim. Son discours devait fréquemment être ponctué de commentaires émanant de la majorité : « Atann semenn prosen ». Le député du MSM devait lancer au ministre des Finances : « Est-ce qu’il sait vraiment ce que c’est l’économie résiliente ? » Aujourd’hui, devait-il poursuivre, « le chômage dépasse les 8,3%. (…) Comment peut-on cautionner de telles dépenses alors qu’il s’agit de l’argent des contribuables ? » Pour Mahen Seeruttun, « les bouchons sur nos routes démontrent la faillite totale du ministère concerné ». Le budget additionnel de Rs 284 M pour la rénovation des routes, alors qu’était prévu un budget initial de Rs 85 M, ne semble pas, aux yeux du député, avoir apporté des améliorations. « On se demande de quelle manière nos routes sont meilleures ». Il devait par ailleurs critiquer les Rs 3 M de frais payés à un consultant pour la préparation d’un Business plan pour le MITD, « cette même institution qui a été secouée par un scandale. J’espère que ce ne sont pas des cours de danse et de massage qui ont coûté autant », devait-il ironiser.
Autre interrogation du député Seeruttun : les Rs 107 M « dépensées en une année dans de belles voitures. Est-ce que ce n’est pas de la provocation alors que des familles n’arrivent pas à nourrir leurs enfants ? »
Augmentations de salaire
S’agissant des opérations centralisées du gouvernement qui ont absorbé Rs 745 M de plus que ce qui était initialement prévu, le député a regretté qu’il n’y ait pas plus de détails. « On ne comprend pas pourquoi ». Et de prendre l’exemple de l’Inde où « les ministères sont obligés de préparer des comptes mensuels, ce qui permet au Bureau du Directeur de l’Audit d’assurer que les dépenses sont comme il le faut et de prendre des mesures correctives ». Il s’est montré perplexe devant le fait que dix mois après le début de l’année financière, « on soit appelé à approuver un budget supplémentaire ». Mahen Seeruttun a demandé au Grand Argentier d’adopter l’exemple de l’Inde.
Répondant aux interrogations du député de l’Opposition, le ministre des Finances devait d’abord faire remarquer : « Quand on dépense plus, on est critiqué. Quand on dépense moins, on est critiqué ». Et d’expliquer : « Accounts are prepared on a cash payment basis. Mainly of the issues are due to timing differences ». Bien des projets, dit le ministre, accusent du retard. « Nous ne sommes pas en train de jeter de l’argent ». Commentant une proposition faite plus tôt par le député MMM Kee Chong Lee Kwong Wing, Xavier Duval devait répondre : « Avez-vous déjà entendu quelqu’un dire qu’il a effectué un projet de faisabilité avant d’acheter un bâtiment ? Cela accuserait un autre retard de six mois ». Pour le ministre, « le public ne doit pas être induit en erreur par l’Opposition ». Le gouvernement, dit-il, a dépensé Rs 72 M de moins sur les locations et Rs 67 M de moins sur la papeterie. « There are real items of savings that are also involved », dit-il. Xavier-Luc Duval affirme que des Rs 2 milliards supplémentaires, la moitié de la somme peut facilement être expliquée dont « les augmentations de salaire qui n’étaient pas prévues à cette époque ». L’autre moitié, elle, concerne plusieurs ministères. Pour le Grand Argentier, il est tout à fait conforme à la loi de présenter ce Supplementary Appropriation (2012) Bill en octobre. Il devait rappeler que Maurice a reçu récemment les félicitations de Christine Lagarde du FMI, celle-ci déclarant que « Maurice a fait preuve de résilience remarquable en période de crise ».