Clensy Appavoo, qui a dénoncé avec documents et preuves à l’appui son ancienne partenaire d’affaires dans le scandale de détournement de Rs 105,4 millions, devra être confronté à de graves accusations portées contre lui. Winsy Buttié a allégué que son ancien patron s’est approprié de manière frauduleuse les 2,3 millions d’euros faisant partie du patrimoine financier de la société offshore Cordial OI Ltd. Cela s’est passé en mai 2011 avec des documents falsifiés.
Appavoo International Ltd, une des sociétés du groupe, assurait le rôle de Management Company pour le compte de Cordial OI Ltd, qui avait pour seul partenaire un Français, Michel Paul Corvalan. Ce dernier, qui avait élu domicile aux Tamarina Resorts, devait décéder le 29 mars 2011, soit à peine une semaine après un retour de voyage de l’étranger. La police a initié une enquête préliminaire en vue de confirmer des dernières spéculations sur les circonstances de ce décès.
Lors de son interrogatoire dans l’affaire des Rs 105,4 millions, Winsy Buttié avait accusé son patron d’avoir orchestré un plan bien détaillé pour s’approprier les 2,3 millions d’euros appartenant à Michel Paul Corvalan. Ce plan aurait été mis à exécution en ayant recours à documents falsifiés pour faire croire qu’une des sociétés sous le contrôle de Clensy Appavoo était en relation d’affaires avec Cordial OI Ltd.
Ces documents avaient été fabriqués en mai 2011 mais antidatés en juillet 2010 pour commettre le détournement de ces fonds au profit de Clensy Appavoo. Pour étayer ses dires, Winsy Buttié a soumis aux enquêteurs du CCID une série de documents qu’elle avait gardés à son domicile de Roches-Brunes. Une autre partie des documents ayant trait à la gestion de cette société a été saisie lors d’une perquisition des les locaux de HLB Appavoo & Associates Ltd.
Enter l’ICAC
Les explications de Clensy Appavoo sur ces transactions et également sur des mouvements de fonds sur ses différents comptes bancaires et autres transferts sont attendues avec impatience au CCID. Il n’est pas à écarter que la décision soit prise en consultation avec l’Office of the Director of Public Prosecutions pour que l’Independent Commission against Corruption (ICAC) se voit confier le volet de l’enquête concernant les délits de blanchiment d’argent sous la Financial Intelligence and Anti-Money Laundering Act. La confirmation devra tomber dans les jours à venir.
D’autre part, le CCID a presque terminé l’enquête consacrée à Winsy Buttié avec des visites au MTC en fin de semaine. Les informations indiquent que depuis 2011, la Lady du MTC est copropriétaire d’une dizaine de chevaux répartis dans trois écuries, soit Maigrot, Perdrau et Rameshwur Gujadhur, dont Amaphupho, Pajeantry et Ocean Edge chez Maigrot, Power Dive et Kalinago chez Perdrau. Ces informations devront être communiquées de manière officielle à l’Asset Recovery Unit pour constituer la base d’affidavits pour des freezing orders qui s’annoncent complexes.
 
Partie de la jetset du MTC
Winsy Buttié, dont les salaires officiels étaient de Rs 140 000 par mois, faisait partie de la jet-set du MTC. Elle misait quelque Rs 150 000 par journée de courses, soit entre Rs 25 000 et Rs 40 000 par épreuve. Elle allègue qu’une partie de ces fonds venait directement de son patron, membre associé du MTC depuis 2013 mais sans droit de vote et nullement propriétaire de chevaux.
L’enquête sur le détournement de fonds de Rs 105,4 millions, qui a démarré depuis le 22 avril dernier, a vu l’inculpation de cinq suspects, soit Winsy Buttié, Marie Denise Henri, âgée de 67 ans, pour un montant de Rs 1,6 million, Ibrahim Meetooa pour une somme de Rs 479 000 de salaires fictifs, Raj Sooklall pour un montant de Rs 2,9 millions transitant sur son compte en banque et Nizam Jokhoo pour des salaires fictifs de Rs 1,2 million entre novembre dernier et janvier de cette année.
Quatre autres suspects, pour des montants détournés entre Rs 200 000 et Rs 1,6 million, devront être bientôt interrogés under warning.