Elle brigue les suffrages pour la première fois. Passionnée par le travail social, Nishta Jooty est candidate pour les élections générales du 7 novembre dans la circonscription No 16 (Vacoas/Floréal), sous la bannière de l’Alliance Nationale. Healthcare Engineer de formation et habitant cette circonscription, Nishta Jooty prend l’engagement d’améliorer la vie des femmes et des jeunes. Pour elle, il ne faut pas quitter une circonscription pour une autre. Elle dit avoir adopté une “Open Door Policy” et demeure disponible pour tous ceux qui souhaitent la rencontrer.

Vous êtes une jeune femme engagée dans le social et êtes aussi ingénieure en génie sanitaire. Pourquoi êtes-vous entrée en politique ?

Je crois que mon expérience et ma connaissance en génie sanitaire et dans le travail social ont été les éléments décisifs pour que j’entre en politique. Aujourd’hui, qu’est-ce que nous voyons lorsque nous regardons autour de nous ? Les hôpitaux sont bondés de monde. C’est aussi le cas pour les cliniques privées où nous voyons beaucoup de personnes âgées qui se plaignent des problèmes de santé ou autres. Il y a des choses qui sont au-delà de notre contrôle mais comme je l’ai mentionné, ma connaissance en génie sanitaire sera un plus. De plus, en tant que politicienne, je peux concevoir des politiques et apporter des programmes qui pourront diminuer les maladies dans ma circonscription et dans le pays. En tant que politicienne, j’aurais également une plus grande visibilité sur une plus grande plate-forme où je pourrais utiliser les ressources qui me seront données pour qu’on ait une population en meilleure santé. Étant une travailleuse sociale, je suis aussi passée par des situations déchirantes qui m’ont fait pleurer. Je me souviens des moments où je me suis sentie vraiment impuissante car je n’avais pu aider ceux qui étaient dans le besoin. Il vous faut beaucoup pour aider les pauvres et je ne crois pas dans les solutions temporaires. Que se passe-t-il lorsque ces solutions temporaires tirent à leur fin ? Le pauvre retourne à la case départ. Ce que je veux, c’est éliminer la pauvreté à Maurice. Et étant dans le domaine du social et maintenant politicienne, je connais les régions où il nous faut focaliser notre attention immédiatement. Et en mettant en avant ces régions, nous pouvons travailler pour élaborer des solutions pour les personnes qui y habitent. Je suis dans le domaine social depuis cinq ans et faire de la politique est le seul moyen d’aider les gens.

Et pourquoi le Parti travailliste et non un autre ?

Pourquoi pas le Parti travailliste ? Ce parti politique a une histoire très riche. Nous avons eu d’illustres personnalités, dont Maurice Curé, Emmanuel Anquetil et Guy Rozemont et bien sûr, le père de la nation, SSR. Ils ont tous lutté pour une cause, pour les travailleurs, pour que Maurice soit libre et ils ont pu le faire. Me joindre à ce parti politique avec un tel héritage est pour moi un grand honneur. Nous savons qu’il y a des hauts et des bas dans chaque parti politique et ce n’est pas uniquement le Parti travailliste qui fait de son mieux pour se restructurer depuis la défaite de 2014. Nous savons tous comment le Parti travailliste a réussi cette phase. Aujourd’hui, nous n’avons qu’à voir les nouveaux du Parti et le nombre de nouveaux visages qui sont candidats pour ces élections.

Étant donné que vous êtes une habitante de la circonscription No 16, l’avez-vous choisie pour votre baptême du feu ?

Pour être franche, je n’aime pas le terme « baptême du feu ». Je préfère dire que j’ai choisi cette circonscription pour l’adopter, en prendre soin, aimer et la protéger de façon permanente. D’ailleurs, lorsque vous analysez mon parcours professionnel, vous verrez qu’il a été constant car je savais que je voulais m’orienter vers le domaine de la santé. Et aujourd’hui, je me trouve dans ce domaine et la politique. Alors pour simplifier les choses, je ne crois pas quitter une circonscription pour une autre. Cela ne vous permet pas d’avoir une vision à long terme pour le peuple. En tant que candidate, si je suis élue demain, je lutterai toujours pour le bien-être des habitants de ma circonscription et je m’occuperai d’elle comme si elle était ma maison. D’ailleurs, j’habite la circonscription; qui connaît sa maison mieux que soi-même ?

Les candidats de tous les partis politiques se sont déjà alignés. Certains sont d’ailleurs des vétérans. Face à eux et à d’autres candidats, pensez-vous pouvoir vous démarquer ?

L’expérience en politique est vraiment un avantage. Mais pour n’importe quel secteur de travail, un collègue qui a plus d’expérience que vous est beaucoup mieux placé jusqu’à ce que vous vous adaptiez à votre nouvel environnement et que vous ayez bien maîtrisé votre sujet. Un vétéran peut être dans la circonscription pendant cinq à dix ans, mais si dans 15 ou 30 jours, je maîtrise la circonscription où je travaille et si je présente des projets pour une meilleure société, je ne vois pas comment je ne pourrais me mesurer aux anciens. Le plus important est d’offrir, sans tenir compte de la manière d’agir. En fin de compte, nous devons tous répondre aux attentes et rendre nos habitants fiers de notre vote.

On reproche souvent aux députés qu’ils ne sont pas présents sur le terrain. Dans l’éventualité où vous seriez élue dans cette circonscription, vous vous engagerez à être disponible pour eux ?

C’est vraiment dommage qu’il existe quelques politiciens qui ne sont vus que quelques semaines avant le meeting du 1er Mai et pendant la campagne électorale. J’ai intégré la politique avec une seule chose en tête : la proximité. Être proche de mes mandants et de ma circonscription est la seule façon pour moi d’être capable de travailler pour eux et les remercier pour avoir cru en moi. D’ailleurs, je pense que plusieurs personnes savent où j’habite, et j’applique une politique de porte ouverte. Je serai de tout temps présente pour eux. J’ai eu l’opportunité en tant que femme et jeune d’être candidate et je vais me donner à fond pour représenter les femmes et les jeunes au Parlement. Je prends l’engagement d’améliorer leur vie. Je suis très contente que la circonscription m’ait facilement acceptée. Je crois que la raison est parce que je suis une habitante de la circonscription et le contact a été facile.

Quel est votre message pour les habitants de la circonscription ?

Je demande aux habitants de nous faire confiance et de nous donner l’opportunité de les servir et ainsi, rendre leur vie meilleure.

Nous observons une hausse du nombre de candidats pour ces élections. Toutefois, le nombre de femmes est assez faible. Croyez-vous que les femmes ont peur d’entrer en politique ?

C’est souvent difficile de trouver un équilibre quand on est politicienne. Je constate que les femmes ont plus de contraintes que les hommes en ce qui concerne leur vie de famille et leur vie professionnelle. Je ne pense pas que les femmes aient peur, mais qu’il faut les encourager à faire le pas. En tant que politicienne, nous devons aussi faire face à des attaques de l’adversaire. Très souvent, les femmes ne s’engagent pas politiquement par peur de salir leur réputation. De plus, quand vous voyez les scandales concernant les femmes politiciennes actuelles, cela n’a rien de motivant.

En tant que jeune, que pensez-vous des vidéos et des photos d’hommes politiques qui circulent sur la Toile ?

Je pense fermement qu’il faut rester professionnel et ne pas tomber dans les bassesses et attaquer personnellement les politiciens. Il ne faut pas qu’on mélange vie privée et vie politique.