Un vote final portant sur l’extension, pour une période de dix ans, de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), incluant les dispositions du « Third Country Fabric », est intervenu hier soir à la Chambre des Représentants des États-Unis après que le Sénat eût donné son aval, la veille, au renouvellement de l’AGOA avec l’adoption de la Trade Preferences Extension Act 2015. Il ne reste plus qu’au président américain Barack Obama à apposer sa signature au bas du texte de loi en vue de son application.
La Chambre des Représentants (aussi connue comme la Chambre des députés) a approuvé vers 22 h, hier (heure de Maurice) par vote majoritaire (286 voix contre138) la Trade Preference Extension Act H. R. 1295, texte de loi qui incorporait à la foi les dispositions concernant le renouvellement de l’AGOA pour dix ans (incluant les privilèges attachés au « Third Country Fabric ») ainsi que celles portant sur le programme d’assistance (Trade Adjustment Assistance) aux travailleurs américains affectés par les accords de libéralisation des échanges commerciaux. Le rattachement du programme de « Trade Adjustment Assistance » (TAA) à l’AGOA a failli retarder l’échéance vu le désaccord entre des Démocrates et des Républicains sur la question, cela alors qu’en ce qu’il s’agit de l’extension de l’AGOA, un consensus bipartisan s’était dégagé depuis longtemps.
On se souvient que, dans un premier temps, le Sénat avait voté le renouvellement de l’AGOA par 97 voix contre 1 et que la Chambre des Représentants lui avait emboîté le pas en approuvant cette extension sur dix ans de l’AGOA par 394 voix contre 37. Par la suite, des députés démocrates et républicains (en particuliers les chefs de file) ont conjugué leurs efforts pour lier l’AGOA et le programme TAA sous un seul texte de loi (Trade Preferences Extension Act H. R. 1295), ce qui a contraint le Sénat et la Chambre des Représentants à se réunir à nouveau pour prendre un nouveau vote. Cela a été fait, dans le courant de la semaine, au niveau du Sénat alors que la Chambre des Représentants s’est prononcée favorablement sur la question lors de sa réunion d’hier soir.
Pour démontrer l’importance du vote final des députés, Witney Schneidman et Walker Williams, deux spécialistes de l’AGOA au sein de la Brookings Institution, avaient fait les observations suivantes sur le site AGOA-info il y a deux jours : « If AGOA, tied to TAA, is defeated in the House later this week it is unclear when AGOA would be renewed. In order to preserve the US-Africa trade relationship, which is blossoming, and for the US to continue to be a major commercial player on the continent, AGOA — the cornerstone of US commercial engagement in Africa — must be passed as soon as possible. »
Maintenant qu’un vote majoritaire est intervenu au niveau du Congrès américain, on s’attend à ce que le texte de loi soit envoyé très vite au président Barack Obama pour qu’il y appose sa signature. « Nous pensons que le président Obama donnera son aval avant la fin de la semaine prochaine », a déclaré Maurice Vigier de La Tour, président de la Mauritius-United States Business Association (MUSBA) au Mauricien, ce matin. Ce dernier s’est félicité des efforts consentis par le gouvernement, l’ambassade mauricienne à Washington, le lobbyiste Paul Ryberg, la Mauritius Export Association (MEXA) sous l’impulsion de sa directrice, Lilowtee Rajmun, et plusieurs entreprises d’exportation pour leur soutien financier à la campagne de lobyying.
Maurice Vigier de La Tour a observé que l’extension de l’AGOA sur dix ans donne « une certaine tranquillité d’esprit » aux entreprises qui exportent vers les États-Unis et celles qui font leur marketing pour pouvoir pénétrer ce marché. « Maurice a définitivement le potentiel pour augmenter substantiellement ses exportations vers le marché américain. Il faut définitivement encore plus d’agressivité au niveau de notre marketing », a déclaré l’industriel. Parmi les entreprises qui exportent une grosse part de leur production vers les États-Unis, il y a les groupes Esquel, CIEL à travers Aquarelle, Firemount et Denim de l’île. Des entreprises de taille moyenne exportent, par ailleurs, des t-shirts et des pull-overs vers ce marché. CIEL peut aussi compter sur ses unités de confection de pull-overs à Madagascar pour approvisionner le marché américain.
Notons, par ailleurs, que les entreprises tournées vers l’exportation ont expédié des produits pour une valeur de Rs 7,9 milliards en 2014 vers les États-Unis. Ce montant représente une progression d’environ Rs 1,2 milliard par rapport à 2013. Les produits textiles et d’habillement constituent le gros de ces exportations. La part des États-Unis dans les exportations totales de ce secteur est passée de 14,4 % en 2013 à 16,7 % en 2014.