Leurs protestations au sujet des amendements au National Identity Card (NIC) Act n’ont pas été prises en compte dans le Finance Bill. Les membres du Collectif du 17 mars ne comptent ainsi pas s’arrêter là. Leur pétition distribuée dans toutes les circonscriptions du pays a recueilli plus d’un millier de signatures. Pour accentuer le combat, le Dr Rajah Madhewoo a logé une plainte au UN Human Rights Committee par le biais de son homme de loi, Peter Weatherby. De l’autre côté, le gouvernement se penche sur une “smartcard” pour plus de rapidité administrative et moins d’usurpation d’identité et se dit ouvert aux explications.
La mobilisation de la population est très attendue par le Collectif du 17 mars pour faire barrage aux amendements apportés au NIC Act, mercredi dernier, à l’Assemblée nationale. Entouré des contestataires au Centre Social Marie Reine de la paix, Jeff Lingaya, porte-parole du collectif, estime qu’il est temps que la population prenne conscience des dangers que représente la carte pour chaque personne. Citant plusieurs exemples où les informations sur des cartes d’identités ont été “hacked” ou vendues pour de l’argent, il exprime ses craintes d’une telle probabilité à Maurice.
Jeff Lingaya fustige le ministre de la Technologie, de la Communication et de l’Innovation (TCI), Yogida Samynaden quant aux amendements apportés et qui, selon lui, enfreignent la liberté de l’individu. Pour lui, une carte d’identité avec ses empreintes biométriques inscrites n’a pas sa raison d’être dans un petit pays.
Le Secured Access Module (SAM) dans les lecteurs de cartes est contesté par le collectif. Jeff Lingaya exprime ses craintes sur ce lecteur intelligent qui pourra lire les données cryptées de la carte d’identité tout comme les minutiae de la personne. La Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP) s’associant à la bataille du collectif, quelques membres du syndicat étaient présents pour dire non à la prise et le stockage des données biométriques.
Action inattendue pour le Dr Rajah Madhewoo
Le Dr Rajah Madhewoo se coupera-t-il les doigts? À cette interrogation, il ne répond rien mais est déterminé de faire une action que personne n’a osé faire. “En temps et lieu, vous le saurez”, dit-il. Pour lui, il n’est pas question de donner ses empreintes digitales pour qu’elles soient conservées dans sa carte d’identité. Menant un combat sans relâche contre la nouvelle carte biométrique, le Dr Rajah Madhewoo a fait loger une plainte au UN Human Rights Committee à travers son homme de loi britannique, Peter Weatherby. Il avance que la Cour suprême dans son verdict rendu sur la carte d’identité nationale stipulait qu’aucune donnée ne doit être conservée.
Au niveau du gouvernement,  il n’est pas question de faire marche arrière à un moment où le pays se tourne vers le numérique, déclare Yogida Sawmynaden, qui se dit prêt à rencontrer ceux qui ont des doutes sur le but du gouvernement. Il explique que la durée de vie de la carte n’est que de dix ans et que cette carte permettra de perdre moins de temps lors des démarches administratives. Yogida Samynaden ajoute qu’aucune donnée médicale ne sera inscrite sur la carte, mais permettra au médecin de suivre le patient, surtout lors de traitements. De plus, il fait ressortir que chaque carte possède un numéro de série unique. En cas de perte de la carte, un nouveau numéro de série sera offert pour toute nouvelle carte. “Nous travaillons pour que le projet e-health soit un succès”, dit-il.