Annoncée sur le départ à compter du 1er février, Chandra Ram, l’Officer in Charge des casinos, ferait de la résistance et aurait toujours la haute main sur les décisions prises au quotidien. Devant la tournure des événements, le syndicat, aidé par leur négociateur Jack Bizlall, compte passer à l’offensive dès la semaine prochaine en vue de faire respecter tous les engagements pris lors d’une réunion tripartite sur la gestion des casinos tenue le 7 novembre de l’année dernière au ministère du Travail et à laquelle avaient participé le syndicat et le management.

Pour soutenir leur demande d’une remise en ordre à la tête des casinos et pour la Senior Management Team annoncée par Prem Beejan, le directeur de la State Investment Corporation, les employés ne manquent pas de revenir sur les principaux faits qui ont émaillé la gestion des casinos depuis quelque temps. Ils dénoncent les « enquêtes étouffées » et classées sans suite, comme celles portant sur les chiffres inexacts fournis sur la situation des pensionnés causant un paiement excédentaire de Rs 1,7 million et pour lequel un cadre de Feber Assosciates a dû finalement porter le chapeau. C’est le même “récidiviste” qui a à son actif le fait d’avoir gardé au chaud une facture du CEB, ce qui a fait payer une somme de Rs 30 000 comme surcharge des caisses des casinos.

D’autres cas sont aussi cotés, comme ceux des Rs 500 000 indiennes acceptées et gardées au casino de Grand-Baie et qui sont devenues inéchangeables, les chaises au coût de Rs 1 million achetées chez Kalachand pour le casino du Nord et qui sont emmagasinées dans un entrepôt, l’affaire du diplôme d’un cadre circulé par un de ses collègues protégé de la direction. Le dossier compilé ne s’arrête pas là, puisqu’il est aussi question de blanchiment d’argent au Domaine Les Pailles et des gains qui ne seraient pas déclarés, de même que les chèques restés à la caisse et les jetons expirés, sans compter l’hospitalisation d’une inspectrice après avoir été rabrouée par l’Office in charge. Les employés ne comprennent pas l’inaction de la direction lorsqu’il s’agit de certains cadres, alors que les petits employés sont traînés devant des comités disciplinaires et sont sanctionnés pour un oui et pour un non. Comme ce cleaner qui aurait été menacé par un membre de la clique du “poisson”, nom que les employés ont donné à ce groupe qui a la main haute sur la gestion des casinos et qui, au lieu d’être protégé, a vu son bourreau s’en sortir avec la bénédiction de la direction, alors que les caméras de surveillance ont capté l’incident tel qu’il s’est vraiment déroulé. Tandis que le cleaner, lui, a reçu un lettre finale d’avertissement pour comportement agressif allégué au terme d’une nouvelle version de devir lanket avec, en appui, un témoin qui lui-même avait été pris en train de voler dans les machines à sous, tout en masquant la caméra de surveillance.

Au sein des casinos, les salariés pensent que certains veulent jouer les prolongations afin de caser des amis politiques. Ils parlent ainsi du recrutement d’un agent du MSM comme Surveillance Manager, alors qu’il se trouve plus bas dans la hiérarchie et que d’autres sont bien plus qualifiés que lui pour occuper ce poste.

C’est donc avec un gros dossier que le syndicat compte passer à l’offensive en ce début d’année pour que les accords passés soient respectés et qu’il y ait un assainissement de la gestion des casinos. Rendez-vous est pris le jeudi 7 février et, si les choses ne bougent pas dans la bonne direction, il n’est pas exclu qu’une grève de la faim soit organisée pour faire entendre raison à la direction de la SIC.