Le père Philippe Fanchette fait partie des rares personnes qui resteront à leur poste dans les corps para-étatiques malgré les changements à la tête du pays. Le président du Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine a été informé hier de cette décision du gouvernement et il se dit « heureux de pouvoir continuer le travail » dans le cadre de l’« International Decade 2015-2024 for people of African Decents », décrétée par l’Organisation des Nations unies. Une exposition internationale sur la vie de Nelson Mandela et qui est déjà arrivée à Maurice ouvrira cette Décennie au niveau local en janvier.
Philippe Fanchette a beaucoup travaillé en Afrique et il fait partie de plusieurs réseaux internationaux oeuvrant pour l’avancement des peuples des pays de ce continent. C’est en raison de sa connaissance de certains sujets touchant l’Afrique qu’il a été approché par le gouvernement en janvier 2011 pour occuper le poste de président du Centre Nelson Mandela pour la Culture Africaine et il a été reconduit à cette fonction au mois d’août dernier. Mais depuis l’installation du nouveau gouvernement il ne s’est pas rendu au Centre à cause de problèmes de santé et il a d’ailleurs été admis en clinique pendant plusieurs jours. Selon les rumeurs de ces derniers jours, le gouvernement lui demanderait de quitter son poste et il ne serait alors pas surpris de recevoir une lettre de révocation. « Si je dois quitter le poste, je le ferai. Avec Jimmy Harmon comme directeur je suis rassuré que le Centre est en de bonnes mains », confiait-il à son entourage.
Philippe Fanchette a été agréablement surpris hier d’apprendre que le gouvernement ne va pas se défaire de sa collaboration. « Il y a énormément de chantiers devant nous », dit-il au Mauricien. Les trois dossiers qu’il considère prioritaires sont la mise en pratique des recommandations de la Commission Justice et Vérité ; la question d’aide aux familles en difficultés et qui sont des descendants des victimes de l’esclavage ; et la Décennie pour les peuples d’ascendance africaine. Soulignons que cette Décennie internationale a été ouverte à New York le 10 décembre dernier, mais en raison de l’actualité politique dominante de ces dernières semaines au niveau local, les autorités n’ont pas marqué cet événement. « Nous avons beaucoup de projets pour marquer cette Décennie et nous avons déjà établi un calendrier préliminaire pour les activités. Nous commencerons dès janvier avec l’exposition sur Mandela », indique Jimmy Harmon, le directeur, nommé à ce poste depuis seulement trois mois.